Quand Israël se solidarise avec les victimes
C’est une première dans les annales politiques des deux pays: Israël a présenté vendredi soir ses condoléances au peuple algérien, annonce dans sa livraison d’hier le site web «toutsurlalgerie».
En effet, le représentant israélien à l’ONU a signé le livre de condoléances mis en place par l’organisation des Nations Unies, au lendemain des attentats meurtriers perpétrés par l’ex-GSPC contre les sièges du Conseil constitutionnel et du Haut commissariat aux réfugiés (ONU) qui ont fait, selon un dernier bilan officiel, 37 morts dont 17 font partie du personnel de la représentation onusienne. Cela étant, le représentant israélien au Nations Unies, Dante Gillerman, rapporte l’agence américaine Associated Press, a indiqué qu’»Israël fait preuve de compassion pour toutes les victimes du terrorisme, quelles qu’elles soient, et dans ce cas précis en Algérie».
 Et de préciser: «L’Algérie ne reconnaît pas Israël et n’a même jamais fait de pas vers la normalisation de ses relations avec Israël, à l’inverse du Maroc et de la Tunisie dans une certaine mesure. Mais lorsque de tels événements ont lieu, l’aspect humain l’emporte sur tout le reste». Pour le moment, l’Algérie, qui n’entretient aucune relation directe avec l’Etat hébreu, n’a pas réagi aux propos du diplomate israélien.
On se demande alors pourquoi une telle réaction compassionnelle d’un haut responsable israélien au moment où seuls la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie ont des représentations diplomatiques israéliennes sur leurs territoires. Avec une moindre mesure des appels pour la normalisation avec Israël émanant notamment des deux pays arabes, l’Egypte et plus particulièrement la Jordanie, qui a jeté un pavé dans la mare lors du sommet arabe d’Alger. Pour sa part, le président Bouteflika a soulevé un grand tollé lors des funérailles de Hassan II, en juillet 1999 en serrant la main à Ehud Barak, dans le strict respect de l’oraison funèbre sans que le geste salutaire ne prenne une autre dimension. S’y ajoute la surprenante visite, en 2002, d’un groupe de journalistes et d’intellectuels algériens en Israël, faisant couler beaucoup d’encre à ce moment-là. En sus, cette compassion à la douleur des Algériens, combien très touchante! présentée par l’ambassadeur israélien à l’ONU, laissera-t-elle entrevoir une probable normalisation des relations entre les deux pays ou est-ce plutôt un énième stratagème de Tel-Aviv pour tempérer la position algérienne inéluctable sur cette question, à l’heure des négociations israélo-palestiniennes à Annapolis (USA)?
Abed Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com