Une incursion au monde de la mort
Un motocycliste chevauchant une Peugeot 103 a failli trouver la mort avant-hier, à 16 heures, à l’entrée nord de l’autoroute Saint Roch/les Andalouses. Le rond-point de l’entrée est de la commune d’Aïn El- Türck, dit «Les Dauphins», est devenu le point de rencontres des motards, amateurs de Peugeot 103. en chaque fin de semaine, ces derniers font du rallye sur cette voie.Ils jouent au chat et à la souris avec les Gendarmes qui assurent le contrôle de la circulation sur les routes de la Corniche. Les accidents de motos sont nombreux. La victime était parmi une centaine d’autres motards à l’entrée de l’autoroute, s’apprêtant à faire un rallye entre le Rond point des Dauphins et les Andalouses. Au moment du coup d’envoi de la course, ils ont été surpris par une patrouille de gendarmes, allant vers Oran. Dans la cohue, et comme ils étaient collés les uns aux autres attendant le départ, des dizaines de motos se sont carambolées.
Plusieurs jeunes s’en sont sortis avec des égratignures. Excepté, la victime qui présentait, selon le personnel du SAMU, de sérieux traumatises au niveau des jambes et le bassin. Roulant à tombeau ouvert, ces adolescents défient la mort pour satisfaire leur «folie», d’être le meilleur.
Le meilleur motard mais aussi le meilleur mécano car les moteurs de ces bécanes Peugeot sont traficotés pour atteindre les 155 kilomètres à l’heure voire 160 km/h, selon la rumeur ou le souhait des jeunes.
Les habitants des nouveaux lotissements de Trouville, ont pris l’habitude d’entendre les sons tapageurs de ces bécanes pendant leur sieste. Mais sur l’autoroute, les défilés assourdissants flirtent vraiment avec la mort. Et c’est d’ailleurs «la sensation recherchée. NEKRA», déclarent-ils. Ces motards habitent en majorité les quartiers populaires de Cité Petit, Mimosa, Eckmühl, Toro, Kouchet El Djir, Ras El Aïn, les Planteurs, Sidi El Houari, Petit Lac, Victor Hugo, Berki…etc.
Ils ont une seule passion: «Â Une Peugeot 103 neuve, chromée, «M’kitia» qui atteindra les 160 km/h» (Mkitia dans le jargon des motards veut dire une Peugeot dont le moteur a été traficoté en changeant le cylindre et le piston originaux avec d’autres d’un diamètre supérieur) Pour parvenir à «kiter» le moteur, il faut un vrai travail orfèvre. Il faut limer minutieusement les pièces pour qu’elles s’emboîtent les unes aux autres. Ces téméraires de la route vivent pour la moto. C’est leur seul hobby et leur seul dada. La société les néglige mais eux restent dans leur monde autarcique. Leur monde, parce qu’il y a leur propre culture, leur propre jargon et leur propre mode vestimentaire…enfin, leur propre façon d’être.
Les citoyens les vouent aux gémonies et eux envoient tous les préceptes sociaux au Diable Vauvert. Un véritable groupe à part. Egocentrique et lunatique. Au sein de cette «communauté», plusieurs groupes se tiraillent le leadership. On a rencontré Omar, alias «Dab» (Lézard), le chef de son groupe. Signe distinctif: le célèbre logo des Rolling Stones sur les phares de leurs motos. Leur vœu: atteindre les 160 km/h ou mourir. Dans le garage de Omar, les pièces et les carcasses des motos sont suspendues partout. «C’est notre laboratoire. Bienvenue!», déclare Omar avec son rire enfantin.
A travers l’acoustique du moteur, Omar arrive à ajuster ou réajuster son piston ou son vilebrequin. «Nos motos ont les meilleurs sons et elles sont les plus fortes. Notre but est de trouver l’astuce qui me permettrait d’augmenter la capacité du cylindre tout en gardant le piston kit», espère la bande à Omar. Notre Motard a fait plusieurs accidents dont le dernier lorsqu’il a perdu le contrôle de sa moto, au niveau du dangereux virage de la Madrague, sur l’Autoroute de la Corniche.
Il s’en est sorti miraculeusement, après avoir passé une dizaine de jours dans le coma. Il dira que pendant son coma «j’ai fais des rêves enchanteurs. Dont le plus récurrent, j’étais sur ma bécane roulant à une vitesse vertigineuse et puis je me retrouve face à un mur de lumière.
Fonçant dessus, je me sentais planer dans des airs paradisiaques (rires) depuis, je fais ma prière et je prie toujours avant me mettre sur selle», raconte-t-il.
Enfin, nos motards inspirent un «Easy Riders» à l’algérienne où la mort, la vie et les fondements de l’être ne sont que des vocables de «bien pensants» qui ne connaissent rien de la vraie vie, croit-on comprendre des discours achalandés du «trip des trips : nekra sur ma bécane défiant le monde», concluent-ils.
Mohamed Benachour
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com