Alger - Revue de Presse

DIX MORTS AU MALI Des dissidents de l'ex-rébellion derrière l'attaque du poste de sécurité



L'attaque perpétrée, vendredi matin, contre un poste de sécurité desforces maliennes, près de la frontière algérienne, a été perpétrée par un desdissidents de l'ex-rébellion touarègue, ont indiqué hier des sources militairesmaliennes. Huit rebelles et deux militaires ont été tués dans cette attaque, aannoncé samedi à l'AFP un responsable de l'armée, précisant qu'il s'agissaitd'un bilan «provisoire». «Nous avons perdu deux hommes, mais il y a huitrebelles qui ont été tués. C'est un bilan encore provisoire. Actuellement, noussommes en train de ratisser la zone, à la recherche des rebelles qui ont prisla direction du Niger», a-t-il affirmé. Les combats avaient débuté à quelqueskilomètres de la frontière algérienne, puis s'étaient poursuivis dans leTamasna, une plaine s'étendant du nord-est du Mali au Niger voisin, a-t-ilprécisé. Il a par ailleurs indiqué que les assaillants ont reçu le soutien de«rebelles touaregs venus du Niger».  Le poste de sécurité, situé àl'entrée de la ville de Tinzaouatène, a été pris d'assaut tôt vendredi matinpar «quelques dizaines d'hommes» armés conduits par un ancien rebelle touareg,Ibrahima Bahanga, un des leaders de l'ex-rébellion touarègue, a indiqué legénéral Mahamadou Diagouraga, président du comité tripartite de suivi del'Accord de paix intervenu le 4 juillet 2006 à Alger entre les autorités malienneset l'ancienne rébellion touarègue. D'importants renforts militaires ont étéenvoyés vers la localité a affirmé le général Diagouraga, qui a mis le raid surle compte d'une «provocation» à laquelle «il faudra répondre avec beaucoup defermeté». Selon un officier sous couvert de l'anonymat, cité par l'AFP, lesmilitaires du poste de sécurité ont défendu, pendant plusieurs heures, leurspositions et attaqué, obligeant les assaillants à se replier vers la frontièrenigérienne. «Il y a eu au moins deux morts et plusieurs blessés dans nos rangset dans leurs rangs», a-t-il affirmé. La même source n'a pas souhaité préciserle bilan pour chaque camp. D'autres sources indépendantes jointes par l'AFPdans la région ont confirmé l'attaque, en évoquant également deux morts et unnombre indéterminé de blessés, sans pouvoir donner de détails. D'après leshabitants de la région, jusqu'au milieu de l'après-midi du vendredi, des tirsétaient toujours entendus, mais le calme était revenu tard dans l'après-midi.  En réaction à cette attaque, leporte parole de l'ex-rébellion touarègue malienne, Amada Ag Bibi, a affirméhier qu'il se désolidarise totalement de l'attaque. «C'est un acte que nouscondamnons fermement. Nous, nous avons opté pour la paix, et nous sommes sur cetteroute. Ibrahim Bahanga n'agit pas en notre nom, et il n'y a pas du mondederrière. Il faut que cela soit clair. Nous sommes pour la paix», a déclaréAmada Ag Bibi. Le vendredi, le même responsable avait déjà déclaré que sonmouvement n'était pas du tout impliqué dans cette histoire, précisant qu'aumoment de l'attaque il était à Kidal, à 1.000 km au nord-est de Bamako, en mêmetemps que les éléments de l'ex-rébellion qui ont déposé les armes sont à Kidal.«Nous sommes étrangers à ce qui s'est passé et si quelqu'un est impliqué danscette attaque, qu'il ne se réclame pas de nous. Nous, nous sommes pour lapaix», avait souligné le porte-parole de l'ex-rébellion.  En 1998, Ibrahim Bahanga avaitdemandé aux autorités maliennes la création d'une nouvelle commune dans sarégion de Kidal, dans le cadre d'une politique de décentralisation. Pour arriver à ses fin, il avaità l'époque enlevé et retenu en otages une dizaine de personnes, dont desmilitaires supervisant une campagne de vaccination. Un officier avait été tuédans une tentative de riposte et les otages avaient été libérés à la faveurd'une médiation algérienne.  En mai 2006, plusieurs centainesd'ex-rebelles touaregs avaient attaqué deux camps militaires de la ville deKidal, emportant des armes et des munitions, avant de se retrancher dans descollines de cette région frontalière de l'Algérie. A la suite d'un accord signédeux mois plus tard à Alger sous l'égide des autorités algériennes, ils avaientaccepté d'être cantonnés et de remettre les armes saisies, alors que Bamakos'était engagé de son côté à les assister dans leur réinsertion économique etsociale.  En mars dernier, plusieurscentaines d'ex-rebelles touaregs maliens, qui avaient attaqué les deux campsmilitaires à Kidal, étaient revenus dans cette ville dans le cadre de l'accordde paix signé avec les autorités. Environ 2.000 ex-rebelles avaient remis leursarmes, pour la plupart saisies lors de ces attaques. La restitution de ces armes estintervenue suite à la signature en février dernier à Alger, entre legouvernement malien et l'Alliance démocratique du 23 mai pour le changement,sous l'égide de l'Algérie en sa qualité de facilitateur, de trois documentspour l'exécution de l'accord de paix, de sécurité et de développement de larégion de Kidal.  Ces documents portent sur lecalendrier des étapes pour la remise des armes, le procès-verbal qui a relevétoutes les conclusions des réunions tenues durant une semaine à Alger et sur lapréparation d'un Forum international, en mars à Kidal, avec la participation debailleurs de fonds, tels que les institutions internationales et les banquesarabes, africaines et européennes. C'est d'ailleurs à l'issue de ce forum quele gouvernement du Mali et d'anciens rebelles touaregs se sont donné dix anspour développer les trois régions du Nord.
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