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DEBUT TIMIDE DE LA GRÈVE



La grève à laquelle a appelé la Fédération nationale du secteur de la justice (FNSJ) a été timidement suivie au premier jour. La fédération à l'origine du débrayage explique cette situation par les fortes pressions exercées sur les greffiers.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Ambiance ordinaire hier au palais de justice Abane-Ramdane. Les audiences semblaient se dérouler normalement ainsi que la remise des documents au niveau du guichet réservé à cet effet. Les greffiers y exerçant n'ont visiblement pas répondu à l'appel de la Fédération nationale du secteur de la justice affiliée au Snapap. Une fédération qui estime le taux de suivi à environ 30% et qui l'explique par les mesures répressives et la répression qui s'est abattue sur les grévistes. Au tribunal de Bir-Mourad-Raïs, raconte un membre de la fédération, un groupe de greffiers avait entamé un rassemblement mais a vite été rappelé à l'ordre par le procureur. Ce même membre évoque «une terreur» qui s'abat sur tous les greffiers qui ont tenté de rejoindre le mouvement. La veille de la grève, cette même fédération faisait état de la suspension de 47 greffiers grévistes ayant répondu au premier appel de la grève. Un mouvement qui se veut en soutien des quatre membres de la fédération toujours en grève de la faim et dont l'état de santé suscite beaucoup d'inquiétudes. Une grève de la faim entamée pour «dénoncer la politique de la terreur qu'exerce le ministère de la Justice et exprimer leur solidarité avec les greffiers grévistes de la faim et ceux suspendus de leurs fonctions pour avoir revendiqué des droits de ce corps de la Fonction publique». Leur combat a suscité un élan de solidarité. Dans leur combat, les greffiers sont soutenus par un réseau d'associations. La Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), le Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA) et le Syndicat national autonome du personnel de l'administration publique (Snapap), ainsi que des associations européennes des droits de l'Homme à Barcelone, Copenhague, Paris et Rome ont exprimé dans un communiqué toute leur inquiétude vis-à-vis de l'état de santé des grévistes rappelant que «parmi les grévistes, des syndicalistes soutiennent et adhèrent complètement au mouvement de grève qui prend de l'ampleur et voit arriver de nouveaux militants mobilisés aux côtés des dirigeants». Les associations solidaires avec le mouvement de grève des syndicalistes du secteur de la justice demandent aux autorités algériennes de «garantir la liberté de manifestation à l'ensemble des défenseurs des droits de l'Homme en Algérie qui revendiquent leurs droits de manière pacifique». Forte de ce soutien, la fédération affiliée au Snapap maintient son mot d'ordre de grève pour aujourd'hui et demain.


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