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SUITE À LA CONFERENCE DES DISSIDENTS DU PARTI



La confiance jusque-là affichée par Moussa Touati quant à la vanité de l'action «déstabilisatrice» de ses adversaires semble céder la place à une «inquiétude» somme toute relative pour le moment. Une inquiétude qui a fait sortir, néanmoins, le président du FNA de sa sérénité pour crier à un «poignard dans le dos», accusant le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales d'avoir «béni» le conclave des redresseurs tenu à Djelfa, ce samedi.
M. Kebci - Alger (Le Soir) - On parlait de recette magique dont devait s'armer tout «postulant » parmi les cadres du FNA afin d'avoir la tête du président du parti jusque-là indéboulonnable. Et les tout derniers détracteurs de Moussa Touati semblent l'avoir «dénichée», cette fois-ci. Et pour preuve, ils ont réussi à tenir leur conférence des cadres, ce samedi à Djelfa, à l'issue de laquelle ils ont officiellement proclamé le retrait de confiance à Moussa Touati. Un conclave tenu dans une infrastructure publique, une maison de culture, qui n'aurait jamais pu avoir lieu s'il n'y avait pas le quitus nécessaire. Et c'est Moussa Touati en personne qui le reconnaît, en évoquant l'injonction en toute dernière minute faite par le ministre de l'Intérieur au wali de Djelfa d'autoriser cette réunion. Et au président du FNA de dénoncer son chef de bureau de wilaya qu'il accuse d'un «double jeu» en transformant cette réunion censée être purement locale en tribune pour les dissidents. «A un certain moment, flairant le manège, le Drag avait refusé de donner suite à la demande de réunion du président du bureau de wilaya du parti, mais il a dû se plier à l'ordre de son supérieur hiérarchique qui lui, à son tour, n'a fait que répercuter l'injonction d'Alger», expliquera Touati. Ce dernier s'en prendra à l'un des instigateurs de cette fronde, Amin Osmani, le nouveau député du parti à Blida, qui s'est de tout temps, dira-t-il, «prévalu d'appui dans les hautes sphères, même militaires». Une accusation que Mohamed Brahimi, président de la commission de discipline du parti et l'un des dissidents les plus en vue, tiendra à retourner à la face de son auteur en lui faisant rappeler que ce «Amin Osmani était son bras droit durant cinq ans». «Il est mes yeux et mes oreilles, ne cessait de nous ressasser Touati à chaque fois», dira notre interlocuteur pour qui le président du parti a creusé de ses mains sa «propre fosse» en déclarant en pleine session du conseil national du parti avoir «négocié 50 sièges à l'APN et qu'il essayait d'en avoir plus». D'où, estimera Brahimi, «la bousculade aux candidatures aux dernières législatives qui a permis à Touati d'amasser une bonne cagnotte par la grâce, dira-t-il, des dîmes qu'il a imposées aux postulants». L'ancien président de la commission de discipline au sein du FNA accusera, à son tour, Moussa Touati de faire dans la dilapidation de l'argent du parti, en voulant pour preuve la dernière «invitation» faite à ses «congressistes» par le biais d'une «coûteuse» page publicitaire dans un quotidien national. Des congressistes dont la majorité, selon toujours Brahimi, ont été de «notre conférence des cadres d'avant-hier». «Publicité qu'il ne s'est jamais permis par le passé et qu'il ose maintenant rien que pour faire diversion et se maintenir à la tête du parti.» Notre interlocuteur fera part du dépôt au niveau du département de l'intérieur des rapports de la conférence des cadres de ce samedi avec les décisions prises, notamment celles liées au retrait de confiance à Moussa Touati à la tête du parti, la mise sur pied d'une commission de préparation d'un congrès extraordinaire et d'une autre commission d'audit qui aura à faire toute la lumière sur la gestion financière du parti. Cette nouvelle donne semble donner à réfléchir à Touati qui, sentant apparemment le vent souffler dans le mauvais sens, affirmera «prendre attache avec la wilaya d'Alger aujourd'hui même (hier, ndlr) pour en savoir un peu plus sur la demande de tenue du congrès ordinaire du parti prévu pour jeudi et vendredi prochains à la salle Atlas d'Alger, déposée le 3 juin dernier». Et à défaut d'une réponse claire, le président du FNA soutiendra «solliciter aussitôt le tribunal administratif de Bir- Mourad-Raïs». Ceci quoique, tiendra-t-il à préciser, «les préparatifs vont bon train pour ce rendez-vous organique de tous les enjeux. Le fait d'avoir avancé le congrès est conforme aux statuts du parti pour nous permettre de nous préparer aux prochaines échéances électorales ».


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