2008 s'annonce, sans surprise, sous les couleurs de lacontestation syndicale autonome. Les appels à la grève et les rejets desprojets de statuts particuliers se multiplient dans l'Education nationale et laSanté publique et d'autres corporations de la fonction publique.Le rendez-vous du 15 janvier, en mémoire du grandcombattant syndical que fut Redouane Osmane, est en train de faire consensus.Ces contestations syndicales convergentes, pour certaines laborieuses, seréamorcent dans un contexte social des plus moroses. Les hausses de salairesannoncées avec tambours et trompettes, qui tardent à venir, ont été boufféespar anticipation par la flambée des produits de large consommation et desservices de première nécessité. 2008 commence en effet avec un moral destravailleurs d'Algérie, à l'instar des sans-emploi, plutôt bas.Les reproches des syndicats autonomes se répètent et nechangent pas. Ce n'est pas qu'ils soient figés ou arc-boutés sur de vieilles positions.C'est plutôt la réalité que leur occultation en qualité de partenaire social nechange pas et qu'elle entretient ces crispations durables. Même des syndicatsautonomes officiellement agréés en sont arrivés à faire ce constatd'occultation, comme si leur agrément ne devait pas aller au-delà de la simpleremise d'un récépissé.Après de longues années de rejet tenace - et intenable auplan de la constitution et de la loi -, on semble être passé, dans le cas decertains syndicats, à un niveau de sophistication de la gestion: existencereconnue de jure, existence niée de fait. Histoire de faire perdurer le statutprivilégié d'une centrale UGTA impotente mais néanmoins utile dans le jeuformel du dialogue social et surtout dans l'agenda politique du système.L'aspect purement formel va parfois au-delà, comme des syndicats du secteur del'Education qui estiment avoir été conviés à discuter de choses déjà décidées.A l'évidence, il y a une difficulté immense de la part desresponsables gouvernementaux à faire cette révolution culturelle qui permet defaire avancer les choses dans un climat minimal de participation. C'estapparemment trop dur à faire chez ceux qui préfèrent mener le train-trainhabituel avec l'interlocuteur habituel.Pourtant, d'année en année - et la dernière négociation surle statut de la fonction publique entre le gouvernement et l'UGTA l'a bienmontré -, on se rend compte que cela est contre-productif. Les raisons nemanquent pas pour que la donne du partenariat social soit changée, ne serait-ceque pour un souci d'efficacité.Bien sûr, le rapport de force est tel que les pouvoirspublics peuvent se permettre de continuer à «choisir» ceux qui doivent êtreleurs partenaires et même suggérer que ce sont les journaux qui amplifientdémesurément la contestation syndicale autonome. En réalité, les syndicatsautonomes eux-mêmes n'en font pas trop et n'annoncent pas le «grand soir». Maisils sont des interlocuteurs naturels si le gouvernement entend mettre les gensau travail avec un maximum d'efficacité. On ne sait quelles sont lesconsidérations qui rendent cela si difficile à admettre.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : KSelim
Source : www.lequotidien-oran.com