un joker de luxe
A deux jours de son congrès, quelle meilleure surprise pouvait attendre le chef du RND? En fait de surprise, c’est un véritable «cadeau du ciel» qui lui a été offert. Une belle revanche sur son désormais ex-détracteur du FLN. On savait que Ouyahia était rentré dans les bonnes grâces du président Bouteflika depuis qu’il était chargé de le représenter dans des rendez-vous internationaux sensibles. Des missions qui «revenaient de plein droit» à Belkhadem. Quelque chose était, donc, en l’air depuis quelques semaines. Ouyahia est de retour. Les bavardages allaient bon train et présentaient le SG du RND comme le futur vice-président une fois la constitution revue et corrigée. Bouteflika a, pour ainsi dire, surpris son monde surtout que tous les observateurs avaient abandonné la piste du remaniement total ou partiel du gouvernement. Un remaniement qui tombe juste après la fin de la visite du Premier ministre français, François Fillon. Un lien? Peut-être. Car Belkhadem a clairement mis en difficulté l’UPM allant, parfois, jusqu’à la présenter comme un projet qui n’apporte pas grand-chose à l’Algérie. Une position plutôt tranchée si l’on se réfère au silence du président de la République sur cette question qui relève des Affaires étrangères. Un secteur dont le président est jaloux et ne tolère pas que l’on piétine ses plates-bandes. L’épisode de Chérif Abbès est, en effet, encore présent dans les esprits. Mais est-ce véritablement le seul reproche que l’on pourrait faire à Belkhadem? Certainement pas. La question de la révision de la constitution et du troisième mandat a, peut-être, accéléré ce processus d’éjection des affaires. On s’en souvient, le FLN, Belkhadem en tête, a commencé la campagne pour la révision de la constitution un peu trop tôt, allant jusqu’à mettre le chef de l’Etat, par moment, dans un fauteuil inconfortable car Belkhadem et les siens ont -consciemment ou inconsciemment?- associé révision constitutionnelle et troisième mandat. Un état de fait qui n’a pas forcément dû plaire à Abdelaziz Bouteflika car le présentant comme un président à la recherche d’un mandat à vie. Cette lecture avait été, en effet, retenue par certains titres de la presse nationale, mais aussi par des titres étrangers plutôt malveillants allant jusqu’à nier le caractère démocratique du régime algérien. Avec Ouyahia, les choses sont différentes. En homme forgé par plusieurs années d’activités politiques au plus haut niveau, l’ancien-nouveau chef du gouvernement s’est toujours gardé de gêner l’action du président. Un fait dont s’est certainement souvenu le président Bouteflika et qui a dû peser dans la balance. Les challenges sont autant nombreux que difficiles et les délais trop courts. Mais le boss du RND a, de tout temps, été investi de tâches plutôt «ingrates» et ne s’en est jamais plaint. Ouyahia devient ainsi un atout majeur, voire le joker en puissance de Bouteflika.
Rafik Cherrak
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com