L’art pictural au service de l’humanisme
En octobre 2005, pour commémorer le 51e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération nationale, le musée national Ahmed Zabana des Beaux-arts d’Oran avait convié le public oranais à une exposition intitulée «Le synthétisme pour une Algérie universelle et réconciliée».
Attirés par la résonance philosophique de l’intitulé de l’exposition, beaucoup avaient découvert, non sans étonnement, un extraordinaire mariage entre l’art pictural et l’humanisme dans son acception universelle. Un humanisme fait de tolérance et d’amour de «l’autre», un humanisme sans frontières linguistique religieuse ou ethnique. L’artiste avait fait de ses toiles un subtil mariage de peinture, de poésie et d’une philosophie humaniste aux dimensions de l’universel. Des toiles où détonnaient la vivacité des couleurs, parfois une exagération de couleurs et des éclats de lumière, étaient porteuses d’un discours humaniste, tolérant servi par la délicatesse de la rime. Sur les formes expressives et les belles couleurs habilement étalées par la palette du peintre, on lisait clairement un message de paix, un message s’adressant à l’ensemble de l’humanité, relativisant à dessein la vanité, souvent affichée de censeurs, de semeurs d’intolérance, d’incompréhension, de conflits... «Synagogue ou mosquée/ Eglise, temple sacré/ J’ai fréquenté tous ces lieux/ A la recherche de Dieu/ Et je n’y ai trouvé que des gens vaniteux/ Mon chemin croisa alors les nécessiteux/ Le reflet du Divin scintillant dans leurs yeux/ Car dépouillés de tout ils ne s’en remettent qu’à Lui/ Et c’est dans l’âme que tous les fondements sont enfouis». Un humanisme «kaderien» dira un historien, faisant allusion à l’émir Abdelkader, l’humaniste que le monde moderne ne cesse de découvrir chaque jour. Mais qui était donc cet artiste qui savait conjuguer en une si belle harmonie l’élégance de la peinture et la profondeur de la citation philosophique se demandait les visiteurs de l’exposition? On découvrit un artiste philosophe dont la grande éloquence n’avait d’égale qu’une toute aussi grande gentillesse, le tout empreint d’une modestie exemplaire. Dahou Houcine, pour ne pas le citer, s’avérait être un artiste maniant l’art pictural et subtilité philosophique. Exerçant le dur métier d’ingénieur de la Marine marchande, cet humaniste universaliste est de tous les voyages. Sa vie elle-même apparaît comme un merveilleux voyage. Né en France dans la griserie de l’émigration, il rêvait, à travers les récits nostalgiques de son père de cette Algérie, belle, ensoleillée, aux couleurs vivantes. L’Algérie pour lui avait la couleur, la douceur et les senteurs des vacances. Et c’est en dessinant ses vacances et ses rêves d’Algérie qu’il étonna ses professeurs par la perfection et la beauté de ses peintures. Etabli aux Etats-Unis, il s’inscrit à l’académie des Beaux-arts de la Nouvelle-Orléans (USA) où il s’imprègne de l’art visionnaire américain. Toujours attaché à l’Algérie, l’artiste découvre les richesses du patrimoine philosophique musulman dans sa dimension humaniste soufie. Ingénieur de la marine marchande, il a par la suite sillonné les quatre coins du monde et apprit de toutes les philosophies du monde. Et c’est en synthétisent tous ces apports qu’il forge un concept nouveau, un concept révolutionnaire dans son universalité: «le synthétisme transcendant», art pictural et attitude philosophique plaidant pour «une remise en question sur soi-même, une réconciliation avec son histoire». C’est le message qu’il a tenté de faire passer dans ses expositions en Algérie et dans le monde. Il a en effet exposé en juin 2000 à la New Orléans Academy Of Fine ART USA, où il s’était vu décerner le prix «Nafa-Scholarship Award». Il a été de nouveau invité à exposer en août 2001 à la maison Gallery en Nouvelle-Orléans – USA. En août 2005, il avait participé au Salon méditerranéen, Palais des Arts et de la Culture d’Oran. Entre deux embarquements aux épuisantes distances, l’artiste continue inlassablement de prêcher l’humanisme, la tolérance et la paix. Il est annoncé cet été dans de nombreux salons et peut-être bien à Sidi Bel-Abbès.
Hani Abdelkader
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com