Alger - Revue de Presse

Colonialisme, entre massacres et pillages



Ils s’en firent, tous, gloire L’armée coloniale française ne combattait pas uniquement les valeureux moudjahidine d’Abdelkader mais elle se ruait impitoyablement contre toutes les tribus algériennes, proie systématique du génocide et du pillage. Les Saint Arnaud, Youssouf, Montagnac, Cavaignac se livraient aux massacres les plus ignobles et les plus odieux. Il n’y a aucune comparaison à faire entre un résistant qui réagit par les armes parce qu’il se trouve en légitime défense et des envahisseurs qui commettent un acte d’agression caractérisé par une longue et grave tentative d’extermination. Et c’est là toute la différence qu’il y a entre Abdelkader et ses Khalifats (respectueux de l’espèce humaine et de sa dignité), et Bugeaud et ses officiers coupables devant l’histoire de l’un des plus grands crimes contre l’humanité. Dès l’invasion coloniale française en 1830, le pays est en feu, saccagé, ruiné en regard de la politique impitoyable du désastre que lui oppose Bugeaud et ses hommes. Ses officiers font état dans leurs correspondances de choses horribles (incendies des villages et des récoltes, prises d’otages, viols, massacres). A un certain moment, on a fait un constat fort douloureux: la race bovine fut complètement décimée. L’armée française s’était livrée au pillage systématique avec pour objectif d’anéantir complètement les tribus et les obliger à abandonner Abdelkader. Dès les premiers moments de la conquête, plusieurs lieux de culte furent aménagés en dépôts et en écuries, comme plusieurs mosquées furent, elles aussi, converties en églises et/ou en cathédrales. Plus tard, le cardinal Lavigerie prendra le relais. Cette fois-ci, cet homme d’église encouragera les premières tentatives de conversion des musulmans algériens au christianisme. Il profitera des moments forts douloureux subis par la population, dont une importante partie fut décimée par la famine de 1868. Lavigerie instituera l’ordre des «pères blancs» et des «sœurs blanches». Il s’agit-là d’une démarche qui veut imposer non seulement la suprématie de la race, mais aussi la domination d’une religion sur une autre. Les croisades, semblait-il, n’étaient pas encore terminées. Les principales correspondances d’officiers supérieurs se trouvent dans un recueil publié en 1898 sous le titre de «campagnes d’Afrique», 1835-1848-Plon-1898-Paris. Nous y découvrons de nombreuses informations sur le déroulement de la conquête. C’était l’époque où il était licite de glorifier les massacres et les criminels et de rendre compte, sans pudeur, des tueries, des pillages, des destructions, des viols et des ravages commis contre les tribus algériennes. Les écrits d’historiographes de la colonisation constituent sans nul doute le plus gros en matière d’archives se rapportant à la conquête de 1830. Presque tous les officiers de l’armée française ont signé des comptes-rendus à leurs supérieurs retraçant les expéditions et autres razzias. Même dans leurs correspondances privées, des officiers ou parfois de simples soldats, racontaient à leurs proches comment se déroulait l’invasion de l’Algérie. C’était l’époque où il était admis de décrire avec beaucoup de détails les expéditions sanguinaires contre les tribus algériennes. Saint Arnaud ou Montagnac, par exemple, se vantaient d’avoir été les auteurs les plus zélés de massacres et de tueries collectives. C’est dans ce même état d’esprit que le Colonel Robin, qui a participé à la répression de l’insurrection de 1871, proclame avec force que «la race supérieure, porteuse d’une civilisation, était autorisée à massacrer la race inférieure dans son propre intérêt» (sic). Par le Dr Chamyl Boutaleb El-Hassani
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