Alger - Revue de Presse

Chakib Khelil sur la sellette



Medelci chargé de préparer le budget 2007 du ministère de l’Energie Quel lien de cause à effet existe-t-il entre le virage à 180 degrés amorcé par les autorités algériennes qui viennent d’opérer deux importants amendements à la nouvelle loi sur les hydrocarbures, promulguée le 19 juillet dernier qui libéralise totalement le secteur et l’absence intrigante et prolongée de la scène politique du ministre de l’Energie, Chakib Khelil, le principal initiateur du document? Des rumeurs insistantes font état du limogeage tout proche de l’actuel ministre de l’Energie qui paie ainsi un «mauvais calcul» de sa stratégie fondée sur une libéralisation totale des gisements d’hydrocarbures. Si, à l’origine de la promulgation de cette nouvelle loi, la recherche du profit était la seule et unique motivation, il n’en demeure pas moins que la facilité avec laquelle la loi sur les hydrocarbures permet aux compagnies étrangères d’engranger des parts importantes sur tout nouveau gisement découvert -même si entre temps le document a été voté et approuvé par la majorité du parlement algérien- a achevé d’enlever les derniers doutes qui subsistaient encore sur cette nouvelle stratégie, aujourd’hui, entièrement remise en cause. A en croire d’autres sources crédibles, le prési-dent Bouteflika aurait chargé le ministre des Finances, Mourad Medelci de préparer le prochain budget de l’Energie de l’année 2007 à la place de l’actuel ministre de l’Energie qui voit ainsi son sort définitivement réglé. Mais rien ne dit que le ministre des Finances, Medelci serait le prochain occupant du poste de ministre de l’Energie même si des rumeurs le donnent comme le futur successeur de Chakib Khelil. Les deux amendements qui ont été ajoutés in extremis redonnent un monopole de fait à Sonatrach qui voit ainsi sa position stratégique entièrement confortée. Il faut dire aussi, que la peur s’est installée chez beaucoup d’observateurs nationaux qui craignaient un affaiblissement conséquent de cette entreprise qui demeure à l’heure actuelle, le seul porte étendard de l’industrie algérienne. La première société algérienne, qui redevient ainsi le seul actionnaire majoritaire en cas de nouvelles découvertes pétrolières et le Trésor algérien, peuvent compter dès à présent sur des recettes supplémentaires qui se chiffrent à des milliards de DA, puisque les amendements opérés obligent toutes les compagnies étrangères à reverser une taxe sur les profits au Trésor algérien si le prix du baril de pétrole brut excède les 30 dollars. Cette nouvelle disposition est applicable même rétroactivement. Or, toutes ces compagnies, telles que Anadarko, Shell, BP, ENI et BHP Biliton ont signé leurs contrats au moment où le prix du baril de pétrole avoisinait les 15 dollars. Reste maintenant à savoir quelle serait la réaction de ces partenaires étrangers qui, manifestement, ne voudraient pas rester les bras croisés face à ce changement de politique. Le ministre de l’Energie, Chakib Khelil a bien voulu rassurer l’opinion publique en affirmant dernièrement que ces derniers devraient comprendre les motivations des autorités politiques du pays qui entendent bien réserver aux générations futures une part importante de ce pétrole.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)