Alger - Revue de Presse

Caméra angle opposé



Zidane restera toujours Zizou Le geste avait fait oublier la guerre civile en Irak, les gamelles des Britanniques en Afghanistan, mis en veilleuse dossier nucléaire iranien, permit aux Nord-Coréens de lancer en catimini leurs missiles longue portée et éclipsé la victoire des Italiens, en cette mémorable soirée du 9 juillet à Berlin. Il s’agit, bien sûr, du formidable coup de tête de Zinedine Zidane. Français quand tout va bien, Algérien quand ça va mal. Zidane a envoyé Materazzi mordre la poussière. Il est le mieux placé pour juger ce qu’il fallait faire en cette 110ème minute de jeu qui voyait les Italiens s’affoler quand le tricolore avait le ballon. Et nul n’a le droit de s’ériger en moralisateur pour fustiger le Français, soudainement redevenu Algérien. Des Algériens versatiles, qui désirent se placer plus haut que les autres pour montrer qu’ils ne sont pas chauvins. .Pour son dernier match, Zidane ne sera pas resté jusqu’à la fin. Celui qui a tant fait pour le football mondial (et français surtout) méritait sans doute une plus belle sortie. Malgré son geste, les Bleus ne lui en veulent pas et sont venus lui dire un grand merci. Personne, avant lui, n’avait donné autant de bonheur à ses compatriotes, qu’ils soient d’adoption ou d’origine. Et il est peu probable que l’Algérie -qui peine à trouver un second Belloumi- fournisse un autre Zidane. L’on pourrait même dire que jamais un pays arabe ne pourra le faire. Les Français, qui avaient déjà fait preuve d’ingratitude envers lui, l’ont compris. C’est pourquoi, au plus fort de la déception née de la défaite, une énorme enseigne lumineuse éclairait le fronton de l’Arc de Triomphe à Paris d’un magistral «On t’aime Zizou». On imagine difficilement des beurs bravant les interdits pour signifier pareil hommage. Zidane n’avait pas besoin de 10 minutes supplémentaires pour briller. Il est plus grand que toute la durée d’un match et ce n’est pas Marcello Lippi, qui avait mobilisé tous ses voyous pour le casser physiquement, qui dira le contraire. Comme pour Pelé, en 1966, à qui un Portugais cassa la jambe. Comme en 1970, quand un Italien brisa la clavicule de Beckenbauer. Comme en 2006, quand un Italien faillit refaire le même coup à Zidane. Zidane est beaucoup plus grand qu’un simple match. En réalisant son mémorable doublé en 1998, il était entré dans la postérité et fait oublier les immortels Fontaine, Kopa et Platini qui ne sont parvenus qu’à classer 3ème -en 1958 et en 1982- la France. Et ce n’est sans doute pas pour ses beaux yeux ou pour atténuer la défaite des Français, qu’on lui décerna le titre de meilleur joueur de la Coupe du Monde. Il y a, comme ça, des sportifs sur lesquels tout glisse. Maradona malgré la drogue, Garrincha qui mourut dans la misère, Yachine malgré le communisme et Mohamed Ali, the Greatest, en dépit de sa Parkinsonienne
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