Le créateur Guillermo Danyl Ortiz Sahli a dévoilé, jeudi soir, au palais de la culture Moufdi Zakaria de Kouba, sa première collection de haute couture baptisée Arlequin.
C'est devant une assistance triée sur le volet que les présents ont pu découvrir la toute première collection de ce jeune étudiant de l'Institut supérieur d'arts appliqués de Paris. Voulant revendiquer son appartenance aux cultures algérienne et espagnole, Dany a décidé de montrer ce brassage entre ces deux civilisations et ce, à travers le costume. «Il y a une grande complicité culturelle entre mes deux pays», indique-t-il avec fierté. Le la de la soirée est donné par l'arrivée sur le podium des premiers mannequins, dont les visages sont mi-maquillés mi-tatoo créant ainsi un masque façon carnaval de Venise. Les mannequins, oscillant entre des professionnels et des amateurs, ont porté un ensemble de quatorze tenues en haute couture où le satin de duchesse et la mousseline ont rivalisé. La collection Arlequin est inspirée de la moitié du XVIIe siècle en Espagne.
Le créateur a transformé certaines tenues portées à cette époque là par les hommes pour les redistribuer aux femmes avec les modifications actuelles. En effet, cette collection peut se targuer de lever le voile sur un pan de la mode masculine espagnole du XVIIe siècle et du carnaval vénitien, où les femmes actuelles incarnent les hommes du passé. Parmi les tenues dévoilées, figure ce pantacourt bouffon, avec à l'arrière une superposition de panneaux noirs et gris, porté sur un boléro noir ou encore cette robe noire et blanche droite, cintrée à la taille, lui donnant plus de volume avec ce jupon en cerceau. Les tenues sont plutôt «flashy» avec toutefois des penchants baroques. Comme en témoigne cette tenue se déclinant sous la forme d'une jupe noire sur laquelle est greffé un assemblage de patchwork de plus de deux cents morceaux de tulle colorés froissés. Le buste est recouvert d'un boléro noir. Perfectionniste jusqu'au bout de la moelle, le créateur a choisi un répertoire musical classique où les symphonies du XVIIe siècle se sont taillé la part du lion, à l'image du compositeur italien, Ignazio Albertini. En aparté, Danyl, bien que âgé d'une vingtaine d'années, nous confie qu'à travers l'organisation de ce premier défilé de mode, il attend une reconnaissance.
«En fait, à Paris, j'ai ressenti comme une espèce de vide, du genre, je suis un élève parmi tant d'autres, alors que moi, j'ai toujours voulu me démarquer par rapport à cela. C'est un travail trop dur. Que deviendraient les stylistes sans les femmes '», dit-il. Se définissant comme un créateur à part entière, Guillermo Danyl Ortiz Sahli révèle qu'il ne se limite pas uniquement au dessin ; une recherche est effectuée au niveau des tissus. Pour les besoins de cette première collection, le créateur a travaillé en étroite collaboration, durant deux mois, avec une modéliste professionnelle en la personne de Faïza Oudina. Cette dernière a le sens de la technicité très prononcé. Danyl caresse le rêve de présenter deux autres collections, dont les thèmes sont déjà arrêtés, mais comme il le dit si bien, tout est question de moyens. En attendant de pouvoir créer son propre label, Guillermo Dany Ortiz Sahli s'envolera en septembre prochain à Paris pour entamer des études dans la mode, car il entend bien percer dans l'univers de la haute couture.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nacima Chabani
Source : www.elwatan.com