L'heure de vérité approche pour le Front de libération nationale (FLN). Lors de la tenue prochaine de la réunion du comité central (CC), prévue pour la fin du mois en cours, on pourra, enfin, savoir s'il est question de mettre fin aux prérogatives du secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem, ou de faire taire le mouvement des redresseurs, à leur tête, Abdelkrim Abada.
Tout se jouera sur les arguments des uns et des autres et par conséquent sur le vote du CC dont la session décisive se tiendra du 31 janvier au 2 février prochain au niveau de l'hôtel El-Riadh, à Alger. Face à la pression qu'il subit depuis plus de deux années de la part de ses opposants au sein du parti ' huit ministres dont ceux des Transports, Amra Tou, du Travail et de la Sécurité sociale, Tayeb Louh, et de l'Enseignement supérieur, Rachid Harraoubia ont rejoint le mouvement ', Belkhadem résiste. Il refuse de se soumettre et ne veut pas déposer sa démission. Ayant confiance en sa puissance, Belkhadem opère, faut-il le dire, d'une manière intelligente et protège ainsi ses arrières. Il oblige le CC à respecter le règlement intérieur du parti en mettant en avant le 4e paragraphe de l'article 13 qui souligne la tenue d'un vote à main levée quand il s'agit de procédures, de résolutions ou de décisions. Chose que les redresseurs essayent d'éviter pour la remplacer à tout prix par un vote à bulletin secrets. Même si le moyen (le vote) existe, la manière, elle, reste pour le moment dans le flou. Rien n'a été mis au clair en ce qui concerne les détails de ce vote décisif pour les uns et les autres. Mais sur le terrain, c'est la fourmilière. Chaque partie active de son côté pour multiplier ses chances de gagner la bataille en renforçant le nombre de ses partisans, tout en restant discrète. Autrement dit, ne pas divulguer ce nombre afin de réserver la surprise pour la fin et obtenir la majorité. Les pro-Belkhadem sillonnent les quatre coins du pays pour sensibiliser la base et obtenir son soutien. Les redresseurs mobilisent également leurs ouailles pour faire basculer la balance en leur faveur. Quant aux huit ministres, ils ne passent pas par 36 chemins. Ils attaquent directement, selon des sources bien informées, les positions sensibles du parti notamment le noyau : le CC. Ils exercent, signale-t-on, des pressions de tout genre, voire «indignes» sur les pro-Belkhadem. Ils ont suscité «des enquêtes internes et confidentielles» sur ces derniers afin de leur porter préjudice et compromettre leur avenir professionnel, et ce, dans l'objectif de les manipuler et obtenir leurs voix contre le SG. Un cas : celui d'un directeur de la Cnas, également membre du comité central du parti, et qui est victime de pratiques injustes dont l'origine serait le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, souligne-t-on. Les enjeux sont de taille et la célèbre expression attribuée à Nicolas Machiavel : «La fin justifie les moyens» a trouvé refuge au sein du FLN. Devant ces scénarios dramatiques, on peut dire que la bataille sera très rude. Les conséquences seront certainement très lourdes à supporter pour certains et prometteuses pour d'autres, alors que le parti qui a su défendre politiquement l'Algérie du temps du colonialisme est désormais déchiré par ses propres enfants. En attendant d'y voir clair, nous nous contentons d'assister à ce spectacle ahurissant, espérant des jours meilleurs pour la première force politique de l'Algérie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hassiba Abdallah
Source : www.lnr-dz.com