Ban Ki-moon attend le rapport d’enquête du chef de la sécurité de l’ONU
Lors de sa première conférence de presse de l’année, animée hier en son siège à New York, le SG de l’ONU dira n’avoir reçu aucune information ou avertissement lui signalant un risque d’attentat contre des institutions de l’ONU à Alger. Toutefois, Ban Ki-moon soulignera dans ce contexte avoir invité le nouveau chef du département de la sécurité de l’ONU, David Veness, à lui remettre un rapport d’enquête sur la question d’ici le 11 janvier. «C’est sur la base de cette enquête préliminaire, souligne-t-il, que nous allons renforcer les mesures visant à garantir la sûreté et la sécurité de notre personnel et de nos locaux», dira le SG de l’ONU en ajoutant: «Je vais m’entretenir avec les Etats membres des voies et moyens pour améliorer la sécurité du personnel. C’est une question capitale, comme nous l’avons vu il y a quatre ans à Baghdad.» Il rappellera sur sa lancée que «c’est la deuxième fois qu’un tel attentat frappe l’ONU». Pour rappel, David Veness est un spécialiste du terrorisme, londonien de Scotland Yard il souhaite apporter le professionnalisme requis pour faire face aux énormes défis sécuritaires auxquels l’ONU était confrontée. A une question sur l’ouverture d’une enquête indépendante qui ne soit pas effectuée par la personne chargée de la sécurité, visant la crédibilité de l’ONU, Ban Ki-moon, très prudent, s’est tenu à une précision: «Je me réserve le droit de me prononcer sur cette question en attendant de recevoir le rapport complet du département de la sûreté et de la sécurité.» Appréhendé par ailleurs sur les demandes, à maintes reprises formulées, de protection renforcée et les avertissements sur les éventuelles frappes d’Al-Qaïda, lancés par le chef de la sécurité des bureaux de l’ONU en Algérie Babacar Ndiaye, mort lors de l’attentat du 11 décembre, le SG de l’institution onusienne rétorque: «Je n’ai pas l’intention de vous parler des questions relatives à la procédure interne.» Néanmoins, il compte examiner de près cette question. «J’ai demandé à M. Veness de se pencher très sérieusement sur cette question pour m’en remettre un rapport» dira le SG de l’ONU qui trouve tout de même que c’est une bonne observation. «C’est pour cette raison, dit-il, que nous travaillons d’arrache-pied. Je me suis même entretenu longuement avec le président Bouteflika». Et de relever qu’»en tant que pays hôte, le gouvernement algérien est responsable». «Il doit prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité des représentations de l’ONU en Algérie», dira Ban Ki-moon qui indiquera que Bouteflika l’a assuré qu’il trouverait de nouveaux locaux au PNUD et au HCR. Toutefois, signale-t-il, cela ne concerne pas seulement le gouvernement algérien, c’est une question dont il souhaite s’entretenir avec tous les Etats membres. Questionné d’autre part sur l’instabilité régnante dans la région du Sahel et du Sahara, considérée comme une zone de non-droit, de trafic d’armes et d’êtres humains et qui constitue une base arrière pour les groupes terroristes, Ban Ki-moon revient sur les discussions qu’il a menées avec le président Bouteflika lors de sa visite à Alger. «En effet, note-t-il, c’est un problème très grave pour quelques pays, y compris les pays du Sahel, et pas seulement l’Algérie.» Lors de leur entretien, le SG de l’ONU a fait part à M. Bouteflika de son choc des attentats tragiques d’Alger, en soulignant que le même sentiment est partagé par le président algérien qui, dira-t-il, «a été très embarrassé et très gêné de n’avoir pas pu protéger le personnel des Nations Unies (17 employés de l’ONU ont péri) et les bureaux de l’ONU. Cela dit, pour Ban Ki-moon, c’est un problème mondial et non pas une question qui touche l’Algérie ou d’autres pays du Sahel. C’est pourquoi, recommande-t-il, il faut une action concertée au niveau mondial pour lutter contre le terrorisme international. «Il est impossible de justifier le terrorisme et par conséquent les attentats à la bombe en Algérie», dira-t-il enfin avant de réaffirmer son ferme engagement de lutter contre ce fléau.
Abed Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com