Alger - Revue de Presse

ATTENTAT CONTRE LE PALAIS DU GOUVERNEMENT Un rescapé raconte



Les attentats perpétrés mercredi dernier par des kamikazes continuent d'alimenter les discussions à travers tout l'Algérois. Les gens se sont rués, jeudi matin, sur les vendeurs de journaux à l'affût de la moindre information qui expliquerait ce qui venait d'arriver, la veille, au prestigieux «palais du gouvernement» qui a pourtant résisté à tout, y compris le séisme qui avait ébranlé le centre du pays en 2003. Dès jeudi matin les autorités ont lancé des travaux pour reconstruire l'édifice complètement défiguré par l'explosion. Des instructions auraient été données pour effacer rapidement toute trace de l'attentat. Une manière de dire aux terroristes que l'Etat reste debout malgré l'attaque qui a ciblé l'un de ses symboles. Hier, la rue Dr Saâdane qui mène vers le palais était toujours fermée à la circulation et des policiers y veillent scrupuleusement. Que s'est-il réellement passé en ce mercredi noir au niveau du palais du gouvernement? Le fil des événements nous sera relaté par un fonctionnaire qui était au moment de la déflagration au deuxième étage de l'édifice et qui s'en sortira miraculeusement, sans aucune égratignure. «Je ne savais pas exactement quelle heure il était. Je suis rentré dans un bureau situé au deuxième étage et à l'instant où je m'apprêtais à m'asseoir, un bruit assourdissant se fit entendre. Je pense avoir entendu deux détonations». Le témoin raconte que juste après l'explosion, les vitres du bureau où il se trouvait ont volé en éclats puis des cris fusèrent de partout. «C'était l'affolement général, tout le monde dans les couloirs courrait dans tous les sens et personne, à ce moment-là, ne savait exactement ce qui venait de se produire». Certains, dit-il, étaient bloqués dans les ascenseurs, et criaient de toutes leurs forces pour qu'on vienne les délivrer. Le fonctionnaire affirme que 60% des gens qui étaient à l'intérieur du palais du gouvernement, au moment de l'explosion ont été blessés à des degrés divers. Une femme qui se trouvait, continue-t-il de raconter, dans les toilettes lors de l'attentat a trouvé la mort sur place. Un pan entier du mur était tombé sur elle. Notre «rescapé» atteste que les ministres, dont Nouredine Yazid Zerhouni, qui étaient en réunion dans le palais sont sortis à peine deux minutes plus tard pour s'enquérir de la situation et réconforter les blessés. «Nous avons commencé à évacuer les blessés sur l'esplanade du palais en dévalant rapidement les escaliers et c'est à ce moment que nous avons découvert toute l'étendue du désastre». Des débris de toutes sortes jonchaient le sol et plusieurs véhicules étaient sérieusement endommagés sur l'esplanade. La quasi-totalité des vitres de l'édifice ont volé en éclats, atteste-t-il. «Mais le plus grand désastre nous le découvrons devant le poste de police où plusieurs personnes ont été déchiquetées». Trois véhicules étaient en feu et un cratère d'environ deux mètres était visible près du poste de police qui a été littéralement rasé, témoigne-t-il en soulignant qu'il a perdu trois de ses amis qui se trouvaient au moment de l'attaque terroriste à l'intérieur du poste de police. Les secours sont arrivés très vite mais l'inquiétude se lisait sur tous les visages. Notre témoin affirme que les policiers qui étaient de garde devant le poste de police ont eu le temps de tirer sur le kamikaze qui a emprunté la rue Dr Saâdane, puis arrivé devant le rond-point, a pris le mauvais sens en évitant d'effectuer le sens giratoire pour aller directement à l'entrée du palais. Il semblerait que l'objectif du kamikaze était de s'introduire sur l'esplanade du palais du gouvernement puis de déclencher sa charge explosive. Les victimes et les dégâts, atteste le fonctionnaire, auraient été plus importants si le kamikaze n'avait pas été stoppé par les tirs des policiers qui trouveront malheureusement la mort après l'explosion du véhicule. Hier, la majorité des fonctionnaires et travailleurs du palais du gouvernement et du ministère de l'Intérieur étaient sur leurs lieux de travail. «C'est une manière de leur dire que nous n'abdiquerons pas malgré la tristesse et la douleur qui nous habitent depuis mercredi», dira notre témoin rescapé.
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