Le bilan des attentats suicide qui ont secoué, mercredi dernier, la capitale s'est alourdi, jeudi, pour atteindre 33 morts et 57 blessés toujours hospitalisés dans plusieurs structures de santé d'Alger. Un précédent bilan communiqué, les premières heures après les attentats, par la protection civile faisait état de 24 morts et de 222 blessés, mais entre-temps plus d'une centaine de blessés souffrant de légères lésions causées par des projectiles ont quitté les hôpitaux après avoir reçu les premiers soins. Les 57 blessés sont gardés sous surveillance médicale dans les services de neurochirurgie et ceux de soins intensifs au niveau des hôpitaux de Aïn Naâdja, de Mustapha Bacha, de Zemirli et à l'hôpital de la sûreté nationale «Les Glycines». Ils souffrent, essentiellement, de contusions au niveau du crâne et des membres après avoir été touchés par les débris de verre et autres projetés par les déflagrations. Certains, comme cette femme qui était dans un bus coincé dans un embouteillage près du commissariat de Bab Ezzouar, s'en sont sortis avec des lésions au visage causées par les éclats de verre. D'autres s'en sont sortis avec des fractures dans diverses parties du corps, particulièrement au crâne, et sont gardés en observation médicale. Mais tout le monde n'a pas eu cette chance. Trente-trois innocents ont laissé la vie dans ces attentats et pour leurs proches rien ne peut apaiser la douleur de perdre un frère, un père, un mari ou un enfant. Alger a commencé, jeudi et vendredi, à enterrer dans le déchirement et l'incompréhension ses premières victimes, alors que d'autres, dont les corps sont difficiles à identifier, se trouvent toujours à la morgue de l'hôpital Mustapha Bacha. Rien ne peut décrire la détresse des leurs qui restent agglutinés depuis l'après-midi de mercredi devant la morgue dans l'attente de la restitution des dépouilles. Les corps de certaines victimes qui se trouvaient à quelques mètres seulement des lieux des déflagrations ont été presque déchiquetés ou calcinés par le souffle des explosions, ce qui complique le travail d'identification. Farid, 30 ans, cherche désespérément depuis mercredi son frère, garde du corps au Palais du gouvernement. Il n'a pas donné signe de vie depuis l'attentat, qui a fait douze morts parmi le personnel du Palais. «Nous avons fait le tour de tous les hôpitaux d'Alger, sans retrouver sa trace, ni obtenir une quelconque information». Une femme en pleurs cherche son fils qui était de passage mercredi près du commissariat de police de Bab Ezzouar, mais depuis il n'a donné aucun signe de vie. Une autre affirme, avec amertume, qu'elle était venue pour récupérer le corps de son cousin qui travaillait le jour des attentats au Palais du gouvernement. Les autres victimes, identifiées par leurs proches, ont été enterrées jeudi et vendredi dans une ambiance morose dans les cimetières situés dans les banlieues d'Alger à l'exemple de Mohamed Roukhi qui a été inhumé jeudi au cimetière de Sidi Abdallah. Enveloppé dans un linceul blanc, le corps du défunt, un agent des transmissions au Palais du gouvernement, a été mis en terre par ses proches. Il est mort dans l'explosion qui a dévasté son bureau surplombant la baie d'Alger. Père de deux enfants, Mohamed, 45 ans, est accompagné à sa dernière demeure dans une ambiance pesante par des centaines de parents et d'amis proches ou lointains, venus manifester leur solidarité à sa famille au cimetière de Sidi Abdallah, à l'ouest d'Alger. Son fils aîné, Abdelhak, 12 ans, ne peut contenir ses larmes. Ses sanglots deviennent déchirants, au moment du dernier adieu, lorsque le corps, sorti du cercueil, est déposé à même la terre entre deux dalles de béton. «C'est injuste. Mon frère a quitté la maison le matin pour aller travailler. Il a été ramené le lendemain dans un cercueil. Je suis assommé par ce qui arrive à mon pays», se lamente le frère aîné du défunt, M'hamed Roukhi.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Sofiane M
Source : www.lequotidien-oran.com