Alger - Revue de Presse

Après une absence prolongée



Bouteflika s’exprimera demain Il est attendu que le chef de l’Etat éclaire l’opinion et les différents protagonistes sur le bilan de la mise en œuvre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, ainsi que sur les perspectives politiques du pays, en attendant la révision de la Constitution. Abdelaziz Bouteflika prononcera un im-portant discours, demain matin, à l’occasion de la réunion à Alger du Conseil des gouverneurs des Banques centrales arabes. Le prétexte du développement de la coopération arabe, dans le contexte actuel où des voix poussent au choc des civilisations, n’est pas fortuit. Le chef de l’Etat devra ainsi retracer les positions traditionnelles de l’Algérie s’agissant du monde arabe en général et de la crise au Proche-Orient, notamment pour ce qui est des dossiers palestinien, libanais, irakien et iranien. Il va sans dire que les efforts de l’Etat algérien afin de ramener la situation économique et les conditions de l’investissement en Algérie occuperont une part non négligeable des propos du chef de l’Etat. Cela, dans la mesure où le gouvernement a achevé le remboursement par anticipation de l’encours dette détenue jusque-là par le Club de Paris, conforté sa solvabilité auprès des partenaires et entamé l’assouplissement de son dispositif d’attraction de l’investissement.Comme on le pense bien, ce n’est pas autant ces questions -certes d’importance- qui iront captiver l’attention des analystes en particulier et de l’opinion nationale en général. L’intervention très attendue depuis de longues semaines du président de la République intervient après un débat des plus âpres sur la prorogation ou non du délai de reddition des groupes armés, arrivé à forclusion le 31 août à minuit. Un débat biaisé certes, car tournant autour du pot et éludant de parler du véritable nœud qu’est le retour de l’ex-FIS sur la scène politique, mais qui a vu la scène nationale totalement divisée sur la réussite ou non de la première phase de la mise en œuvre de la démarche de M. Bouteflika. Ainsi donc, il est attendu que ce soit à ce dernier qu’il revienne de s’exprimer sur la question, mais sans pour autant qu’il faille s’attendre à une décision trop rapide de sa part. L’homme n’est, avant toute chose, pas accoutumé à se laisser mener par la pression, d’où qu’elle vienne, mais il nous a plutôt habitués à prendre les choses avec beaucoup plus de sérénité que ne se plaisent à le dire nombre de commentateurs de la presse. On l’a vu, d’ailleurs, lors de cette période emplie de rumeurs sur les véritables raisons de son absence, phase mise à profit par le Président pour jauger l’état de l’opinion nationale et celui des différents protagonistes en lice. Mais est-ce vraiment la priorité du chef de l’Etat que de proroger ou non, et sur-le-champ, le délai de mise en œuvre, du moment que seul le délai de la reddition des terroristes est achevé, alors que celui des autres volets de la charte pour la paix et la réconciliation nationale reste encore ouvert, pour ne pas dire donné sans limite aucune? Le fait est que le chef de l’Etat ne peut se déjuger. Il ne faut donc pas attendre du Premier magistrat du pays qu’il aille précéder les conclusions des institutions qu’il a, lui-même, chargé d’évacuer et de suivre sa démarche sur le terrain, ne serait-ce que parce qu’il est l’un des premiers défenseurs d’une gouvernance sérieuse et d’un Etat plus crédible, comme en témoignent ses différents chantiers de réforme ouverts depuis son avènement. Réda Amarni
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