Le compte à rebours commence
L’accord d’association avec l’Union européenne (UE) a soufflé sa première bougie et, conformément aux clauses de cet accord, à partir de la deuxième année, le démantèlement douanier progressif entre les deux parties se poursuivra sur une période de 10 ans.
Le compte à rebours a commencé donc depuis deux jours. Le processus est conditionné néanmoins par un élément qui, à première vue, profite à l’Algérie, à savoir que toutes les taxes douanières imposées sur les produits industrialisés européens seront annulées après l’adhésion de l’Algérie à la zone libre en 2017. Mais selon les spécialistes, les pertes occasionnées par ce démantèlement devraient atteindre les 5 milliards de dollars pour l’Algérie durant la période mentionnée. Le pays devra faire face à un autre problème plus épineux encore, la disparition de 500.000 postes de travail qui seront engloutis par l’importation effrénée. Le premier Conseil d’association Algérie-Union Européenne, accueilli favorablement par l’UE, s’est tenu le 16 mai 2006. Moins de deux mois après le premier report, en raison du «manque flagrant de préparation» de cette session. Cette première session du Conseil d’association s’est déroulée en deux temps avec la présence de hauts responsables européens.La délégation algérienne était présidée par Mohammed Bedjaoui, ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères. La partie européenne était composée notamment du Haut représentant de la politique extérieure et de la sécurité commune de l’UE, Javier Solana, de la ministre autrichienne des Affaires étrangères et présidente en exercice du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE, Mme Ursula Plassnik et la Commissaire européenne chargée des relations extérieures et de la politique européenne de voisinage, Mme Benita Ferrero-Waldner. C’était une occasion pour chaque partie d’exposer son évaluation et les perspectives, les attentes, les priorités de la coopération bilatérale, neuf mois après l’entrée en vigueur de l’accord d’association. Ainsi, cinq groupes de travail thématiques ont été installés et couvriront tous les domaines de la coopération institutionnalisés: «agriculture et pêche», «industrie, commerce et services», «environnement, transport, énergie», «justice, affaires intérieures» et «société de l’information, recherche et innovation».
L’accord d’association permet de définir un plafond pour la partie européenne où elle bénéficiera des exonérations de 20 à 100%. Ces mesures entraîneront d’abord à la baisse les prix des produits consommables. Cependant, le textile industriel sera menacé par plusieurs marchandises; chose qui obligera les entreprises travaillant dans ces secteurs à redoubler d’effort pour faire face à la concurrence ou bien se laisser aller et disparaître, ce qui signifie que la souveraineté du pays devient problématique. On sait maintenant que l’un des principaux volets de cette coopération institutionnelle a trait à la coopération énergétique, dans la perspective, annoncée depuis la rencontre à Bruxelles, en février dernier de l’ancien Chef du gouvernement, M. Ahmed Ouyahia, avec le président de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso, d’établir un «partenariat énergétique stratégique». La Commission européenne souhaite encore signer un mémorandum ou un protocole d’accords entre les deux parties définissant les objectifs, les attentes et les modalités de la mise en œuvre de ce partenariat, à l’image du partenariat existant entre l’UE et la Russie. Mais l’Algérie a signé, elle aussi, avec la Russie. Et quand on sait que l’Algérie est le deuxième fournisseur en gaz de l’UE (30% des importations européennes), après la Russie et devant la Norvège, on comprend tout l’intérêt que représente désormais notre pays pour l’Europe avec ou sans l’accord d’association. La preuve: La nouvelle politique européenne de l’énergie, adoptée en mars dernier par le Conseil européen (la plus haute instance de l’UE), reconnaît à l’Algérie «un rôle stratégique croissant» notamment en matière de gaz naturel liquéfié (GNL), une des priorités de la politique énergétique européenne et appelle à la mise en place d’un partenariat énergétique.
Idir D.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com