Bouteflika parle économie
Devant les gouverneurs des banques centrales et institutions monétaires arabes, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a signé son retour aux affaires.
En parfait manager et promoteur de premier plan de l’image de marque de la maison Algérie, il a entamé sa reprise sous le signe du développement économique, notamment du système bancaire et financier. Alors que tout le monde l’attendait sur des sujets brûlants qui alimentent la scène politique nationale depuis son absence, voilà que Bouteflika a préféré parler économie pour bien entamer sa reprise. Une manière de dire que le moment n’est pas fortuit pour relancer la polémique, notamment autour de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale. Par contre, il a pris le soin, devant un parterre d’experts financiers arabes, d’exposer, chiffres à l’appui, les atouts de l’économie algérienne.
Dans un discours économique très offensif, Abdelaziz Bouteflika, en parfait économiste, a invité les pays et les investisseurs arabes, essentiellement les banques et les institutions monétaires, à plus d’intégration et de coopération entre eux afin de faire face aux défis de la mondialisation. «La région arabe, a-t-il expliqué, qui représente 10% de la superficie mondiale et environ 5% de ses habitants, ne contribue en fait, dans le domaine économique, qu’à raison de 4% du PIB mondial».
«Cette situation, ajoute le Président, est inadmissible dans la mesure où la coopération régionale arabe en devient une condition sine qua non pour mieux intégrer l’économie mondiale, notamment en ce qui concerne le flux des capitaux arabes dans les économies de la région».
Le chef de l’Etat revient sur l’efficience et l’efficacité économique enregistrées ces dernières années par certains pays arabes, particulièrement l’Algérie, grâce à la hausse des prix des hydrocarbures mais aussi à la poursuite des efforts dans l’exécution des politiques économiques saines et des réformes structurelles efficaces.
Lutte contre le chômage et amélioration du pouvoir d’achat
Dans un langage économique très entreprenant, M. Bouteflika fera par la suite un état des lieux de notre économie depuis la mise en route de sa dynamique en 2002. «C’est dès la première année de son application, dira-t-il, qu’ont commencé les effets positifs du 1er plan de soutien à la relance économique.
Ce qui a engendré un renforcement des équilibres macroéconomiques et permis d’asseoir une économie forte qui a pu absorber le chômage et améliorer continuellement le pouvoir d’achat des Algériens.» «Cette stabilité intérieure retrouvée dans le domaine économique s’est encore confortée, affirmera-t-il plus loin, avec la mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale et l’accomplissement des réformes institutionnelles pour concrétiser l’Etat de droit».
«Tout ceci s’est joint, a-t-il soutenu, aux efforts entrepris dans le secteur financier et monétaire, notamment les réformes entamées pour améliorer le climat des affaires.»
Un taux de croissance de 7%
En des termes plus chiffrés, M. Bouteflika a signalé que le second programme d’investissements (2005-2009) a obtenu une enveloppe financière dépassant les 4.200 milliards de dinars (environ 55 milliards de dollars); sans oublier les deux programmes de développement du Sud et des Hauts Plateaux, estimés à près de 1.000 milliards de dinars. «Le programme quinquennal très ambitieux, a-t-il précisé, repose sur plusieurs axes: l’amélioration du niveau de vie des citoyens dont 38% du budget lui seront consacrés, notamment avec la construction d’un million de logements sur l’ensemble du territoire national, le renforcement du réseau des structures de la santé, le branchement d’un million de logements aux réseaux du gaz et de l’électricité, ainsi que la réhabilitation des réseaux d’eau potable de 18 villes algériennes». En ce qui concerne les infrastructures de base, le président de la République a rappelé que l’Etat lui a dégagé plus de 37% du budget, notamment pour les projets des grands travaux (BTP et autoroute Est-Ouest, viaducs, etc.).
Les autres projets dans le domaine de l’agriculture, du développement rural, des PME, des NTIC, du secteur de la justice et de l’administration financière ont bénéficié, quant à eux, d’environ 5% de l’enveloppe. Revenant sur les fondamentaux macroéconomiques durant les cinq dernières années, M. Bouteflika a affirmé que «la croissance économique a dépassé les 5% à moyen terme et pourrait même atteindre les 7% dans un proche avenir, avec la participation plus soutenue des secteurs hors hydrocarbures.
Parallèlement, la moyenne du PIB par habitant se situe à 4%, alors que le chômage est en nette baisse, avec 30% en 1999 et 15,3% en 2005.» «Même si les deux programmes du soutien et de relance économique (PSRC), a-t-il reconnu, ont fait augmenter sensiblement les dépenses, notamment la masse salariale, la gestion plus douce de la politique monétaire a permis de maîtriser l’inflation et de la retenir à un niveau bas, avec 1,6% en 2005 et 1% au 1er semestre 2006. En même temps, l’excédent de la balance a enregistré un flux important d’épargnes au niveau du fonds de régulation de recettes, puisque le Trésor public enregistre un taux global de 14,7% de l’ensemble du PIB en 2005".
«Tous ces résultats positifs sur le plan interne se joignant à l’efficience des équilibres externes avec les exportations des hydrocarbures soutenues par des investissements dans ce secteur, ont contribué, affirmera le Président, à réaliser d’importants excédents dans le compte de la balance des paiements, en dépit des pesantes dépenses engagées dans les deux programmes de relance.»
Intégrer notre économie dans l’économie mondiale
Le chef de l’Etat parlera également de l’attractivité de l’Algérie vis-à-vis des IDE arabes et étrangers qui s’est accrue. Ajoutons à cela les importantes réserves de change de notre pays qui ont précipité le remboursement anticipé de notre dette extérieure entre 2005 et 2006, en la ramenant à 5 milliards de dollars, d’ici la fin de l’année 2006, contre 30 milliards de dollars en 1998, et nous aurons une impressionnante embellie financière qui peut être la chance historique de l’Algérie d’émerger enfin du sous-développement.
Le président de la République a conclu son important discours en annonçant: «En plus de l’amélioration très sensible de nos équilibres internes, il y a lieu de poursuivre le train des réformes structurelles et profondes en développant l’initiative privée avec la poursuite du programme de privatisation des EPE, avec le soutien de l’Etat comme agent régulateur, et de faciliter ainsi l’intégration de notre économie dans l’économie mondiale.»
Abed Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com