Une vaste zone à très haut risque sécuritaire pour l'Algérie s'est constituée à ses frontières Est, Sud-Est et Sud. Elle englobe les régions tunisienne et libyenne jouxtant notre territoire national et se prolonge jusqu'au nord du Mali tombé sous contrôle d'Aqmi. Par elle passent les approvisionnements en armement et en renforts humains qu'Aqmi est en train de réunir en prévision de l'intervention militaire internationale qui se prépare en vue de libérer le nord du Mali de l'emprise des groupes armés qui lui sont affligés. C'est par cette région aussi qu'Aqmi tente de faire passer le matériel de guerre pour ses hommes qui sévissent encore en territoire algérien.
Les services de renseignement ont tôt fait de prendre la mesure de la gravité de la menace qui vient des flancs Est et Sud du territoire national. Ce qui a conduit les responsables sécuritaires du pays à procéder au renforcement drastique du dispositif de contrôle des bandes territoriales nationales limitrophes de cette zone à haut risque. Les forces de sécurité, tous corps confondus, mais également l'armée s'y sont déployées en force. Parallèlement, les autorités algériennes ont entrepris des contacts avec leurs homologues tunisiennes et libyennes pour les convaincre que la menace de déstabilisation induite par ce qui se passe dans cette zone ne vise pas l'Algérie uniquement, mais la Tunisie et la Libye tout autant sinon plus en raison de la fragilité de leurs Etats respectifs non encore solidement installés après la « révolution du Jasmin » et la chute du régime de Muamar Kadhafi. Contacts qui ont donné lieu à un ballet de rencontres à tous les niveaux entre responsables des trois pays.
Le danger de la donne sécuritaire s'étant imposé comme la priorité à laquelle les trois Etats sont confrontés, a fait qu'il leur a permis de surmonter les méfiances qu'ils se marquaient conséquences des chamboulements provoqués par les événements intervenus à Tunis et à Tripoli. De déclaration d'intention, leur coopération dans le domaine sécuritaire s'est muée en une véritable détermination commune de lutte contre le terrorisme et le narcotrafic qui sont en train de faire de leurs régions frontalières leur zone d'implantation et d'opérations contre chacun d'entre eux.
La gravité de la situation est apparue telle pour Alger, Tunis et Tripoli suite au développement des événements intervenus au nord du Mali qu'ils auraient convenu d'un véritable partenariat sécuritaire et militaire qui va se traduire par la constitution aux frontières de groupements mixtes d'intervention et de sécurisation de leurs régions frontalières. Une forme de coopération pour laquelle l'Algérie n'a cessé de plaider auprès de tous les Etats avec qui elle a une frontière ou qui sont riverains de cette zone sahélienne sur laquelle les groupes armés de la nébuleuse d'El-Qaïda et du narcotrafic ont jeté leur dévolu en profitant du fait que ces Etats ne parvenaient pas à s'entendre sur une stratégie de lutte antiterroriste commune.
En ce domaine, Alger, Tunis et Tripoli sont apparemment en convergence totale et décidés à s'épauler sans calcul pour venir à bout du cancer qui est en train de ronger leurs pays. De nouvelles concertations sont programmées pour avoir lieu entre les trois capitales pour vite mettre en place un dispositif sécuritaire efficace.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com