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Les Qataris veulent offrir au monde un nouveau visage en s'inscrivant désormais aux côtés des pays engagés dans la lutte antiterroriste. La visite de leur MAE à Alger est d'ailleurs liée à la perspective de la mise en place d'une coopération intense dans ce cadre. Une mission urgente pour un pays aux positions longtemps controversées.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - La petite phrase de Mohamed Ben Abderrahmane El-Thani est à méditer longuement : «Nous voulons tirer profit des expériences de l'Algérie dans de nombreux domaines», déclare celui-ci lors d'un compte-rendu global portant sur les discussions abordées avec Abdelkader Messahel et Ahmed Ouyahia.
Officiellement, et selon le communiqué publié à l'issue des entretiens avec les deux responsables algériens, les questions abordées ont été d'ordre économique, «notamment dans le domaine de l'industrie, de l'agriculture et du tourisme», bilatérales et régionales. Officiellement encore, on annonce la prochaine inauguration du complexe sidérurgique de Bellara avant d'évoquer la partie des discussions ayant porté sur la question d'El-Qods et les développements survenus dans le dossier libyen. Mais des «expériences» algériennes dont les Qataris veulent tirer profit, on n'en saura rien sur le plan officiel.
Le pays montre pourtant un intérêt tout particulier au savoir-faire acquis par les Algériens durant les années de braise. Il y a environ une année, et à la faveur d'une tournée du MAE algérien et de son équipe dans plusieurs pays de la péninsule Arabique, les responsables qataris avaient soumis leurs invités à un grand nombre d'interrogations portant notamment sur la manière dont avait été menée la lutte antiterroriste. «Ils étaient très curieux, très intéressés de savoir comment nous sommes parvenus à nous en sortir, à nous débarrasser du terrorisme et à tout reconstruire», avait confié Messahel aux journalistes à l'issue de sa tournée arabe avant d'ajouter : «Ils veulent comprendre et partager l'expérience.» C'était il y a quelques mois. Entre-temps, la situation s'est dégradée dans la région. Accusé de soutenir et financer les groupes terroristes, le Qatar traverse une très mauvaise période qui atteint son point culminant lors de la crise avec l'Arabie Saoudite.
La crise se désamorce progressivement, mais le pays ne parvient pas à se redresser. Son soutien aux groupes terroristes n'est plus un secret. Le 7 décembre dernier, Emmanuel Macron se trouvait à Doha où il abordait publiquement la question du terrorisme durant une conférence de presse. «Je n'accuse personne, dit-il, mais je veux une méthode professionnelle et simple. Faisons pays par pays des listes de structures que nous pensons liées au terrorisme, nous les partagerons avec nos partenaires (”?) Nous demandons un engagement très clair sur leur financement et nous nous donnons les moyens de vérifier ensemble. Je le fais aussi pour toutes les structures en France dont j'ai la connaissance et qui pourraient être liées à ces activités.» A son tour, le Qatar déclare son engagement dans la lutte contre le financement du terrorisme «qui frappe d'abord les pays musulmans».
La veille de son déplacement à Doha, Macron se trouvait à Alger où a décidé à son tour de se rendre, une dizaine de jours plus tard, Mohamed Ben Abderrahmane El-Thani. La question sécuritaire figure parmi les préoccupations urgentes. Les Qataris veulent mettre en place une méthode «efficace et simple» de lutte contre le terrorisme et comptent sur l'aide d'Alger pour y parvenir.
Alger s'y prêtera volontiers”?
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