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Protestation annoncée: Les inspecteurs de l'Education en colère



Le Syndicat des inspecteurs de l'Education nationale (SIEN) a dénoncé, à travers un communiqué rendu public, la marginalisation des inspecteurs par le ministère de l'Education nationale. Les représentants des inspecteurs dénoncent en outre, le retard pris par le ministère du Travail pour répondre à la demande d'agrément de leur syndicat, déposée depuis plus de huit mois. Le syndicat ne compte pas se limiter à la «dénonciation». Il compte entamer des actions à partir du début du 2ème trimestre de l'année scolaire, en cours, menaçant de boycotter, voire de démissionner carrément «des collèges inspectoraux de wilayas». Des entités créées par le ministère de l'Education, en 2016, à travers les 48 wilayas, regroupant le directeur de l'Education et des inspecteurs des trois paliers, dont la mission principale est d'aider l'administration dans l'organisation des établissements. Une mission voire une obligation, qui, selon Rabie Chelabi, secrétaire général du SIEN, n'incombe pas, conformément à loi, aux inspecteurs du secteur.Rabie Chelabi a expliqué que l'inspecteur de l'Education est chargé, selon la loi, de contrôler et de former le personnel pédagogique «mais, avec la création, si je me permets de dire illégale de ces entités, l'inspecteur se trouve détourné de sa mission principale, il est aujourd'hui, chargé d'aider l'administration dans l'organisation des établissements, sans aucune considération». Pourtant, poursuit-il, «en cette période de vache maigre et d'austérité, l'inspecteur utilise ses propres moyens pour travailler, il utilise son téléphone, son véhicule personnel et il achète avec ses propres moyens les fournitures des bureaux y compris les stylos». Les inspecteurs de l'Education s'insurgent contre leur marginalisation, dans la réforme pédagogique et refusent de s'occuper des vitres et des portes cassées des établissements. «Au lieu que les 1.500 inspecteurs de l'Education s'occupent du suivi et du contrôle de la mise en ?uvre de la réforme de l'Ecole et la formation du personnel éducateur, l'inspecteur passe son temps, à rédiger des rapports, sur un manque de chauffage, ou de signaler des vitres et des tables cassées», indique la même source. Et d'affirmer que l'inspecteur n'est ni consulté, ni sollicité, dans le cadre de la formation, au moment où l'on ne cesse de prétendre établir une stratégie basée sur la gouvernance, la professionnalisation, la formation et la refonte pédagogique, pour faire aboutir la réforme éducative. Précisant, que sur le terrain, les pratiques contredisent totalement, le discours officiel. Des contradictions qui se traduisent par l'adoption de décisions conjoncturelles, précipitées et improvisées, qui vont à l'encontre des préceptes de la bonne gouvernance. Et de poursuivre : «pour donner l'impression d'agir avec professionnalisme, cette tutelle a créé dabs chaque wilaya une entité sans fondement légal, appelée ‘collège inspectoral', pour la représenter localement. Sauf qu'en réalité ces collèges sont relégués pour faire de la simple figuration sur le terrain».
Le syndicat des inspecteurs a souligné, dans le communiqué que ce qui s'est produit, dernièrement, lors du séminaire sur le Plan national de formation, qui s'est déroulé au siège du ministère, en présence de la ministre de l'Education, est qu'un exemple édifiant. Il précise que les inspecteurs coordinateurs concernés, directement par le sujet, qui sont venus de très loin (48 wilayas), ont suivi les travaux par vidéo-conférence au siège de l'Académie d'Alger-centre, pendant que les non-concernés étaient aux premières loges pour assister au séminaire ! Les inspecteurs indiquent, par ailleurs, qu'ils n'ont pas cessé, par le passé d'évoquer, à travers leurs différents rapports, l'imminence de la «déperdition pédagogique» due au départ massif et prématuré des enseignants à la retraite, et d'émettre des propositions concrètes. Les inspecteurs avaient justement, proposé le recensement des besoins réels et l'établissement d'une stratégie de recrutement, afin de prévoir des mesures nécessaires, capables d'assurer une bonne relève et une continuité pérenne. Mais, regrette-il «la tutelle a fait la sourde oreille et a fait fi du principe, gouverner, c'est prévoir».
Se retrouvant dans l'impasse, la tutelle «continue dans sa politique de rafistolage et improvise des mesures urgentes pour le recrutement d'enseignants, souvent sans niveau requis et sans formation pédagogique préalable, au détriment des diplômés de l'Ecole normale supérieure (ENS)» dénoncent-ils. Le syndicat rappelle que depuis sa création en juillet 2016, le SIEN n'a cessé d'appeler, le ministère de l'Education nationale au dialogue pour lui transmettre les préoccupations socioprofessionnelles des inspecteurs. Malheureusement, la tutelle affiche une fin de non-recevoir à toutes les démarches entreprises. Pour toutes ses raisons, le syndicat a décidé de passer à l'action. Ainsi, les inspecteurs menacent de démissionner des collèges inspectoraux, qui n'ont en fait, aucun fondement légal, aux yeux des inspecteurs. Le syndicat a décidé de geler tous les examens de titularisation (CAPES).
Et couper tous les moyens de communication, non officiels, (téléphones personnels et e-mail) avec l'administration centrale et locale. Et ce, à partir du début du 2ème trimestre de l'année scolaire en cours.
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