Alger - Revue de Presse

Aït Ahmed écorche la politique de réconciliation nationale



«Ce n’est pas avec l’argent qu’on obtient la paix» Le leader du FFS, Hocine Aït Ahmed, a mitigé, hier, ses propos à l’égard du pouvoir, à l’occasion de la rencontre avec les anciens de 1963, tenue au siège du parti. Arrivé en retard d’une heure sur l’horaire prévu et escorté par une brigade d’éléments de la protection rapproché, le vieux leader de l’opposition a affirmé d’emblée dans son discours: «Je ne suis pas venu pour critiquer (l’Etat), mais pour parler en toute franchise, comme il n’est pas temps de faire le bilan de 40 ans de règne». Très à l’aise, Il poursuivra ses confidences en annonçant sur une note de confidentialité qu’il «a refusé le pouvoir» car il ne se «considère pas comme un aventurier». Il écorchera tout de même au passage la politique de réconciliation en estimant que ce n’est pas avec l’argent qu’on obtient la paix. «Ce n’est pas avec l’argent qu’on obtient la paix et la sécurité ou encore qu’on arrive à bout du terrorisme», dira-t-il encore. Le leader du FFS continuera sur sa lancée en indiquant que son parti n’a «jamais cherché le pouvoir pour le pouvoir car ce n’est pas un jeu». «Si nous aspirons arriver un jour au pouvoir, on ne ment pas au peuple mais notre but c’est de montrer ce que nous sommes, c’est-à-dire régler les immenses problèmes que vit actuellement la population». Sur ce dernier point, Aït Ahmed s’étonnera qu’un pays comme l’Algérie qui recèle d’immenses richesses ne soit pas arrivé à un développement conséquent au moment, dira-t-il, où d’autres pays moins pourvus en ressources naturelles ont «atteint les sommets». Il mettra en exergue le rôle de la population qui a su garder son calme en le comparant à la période du colonialisme. «Si nous avons réussi à vaincre l’armée coloniale, ce n’est que grâce à la lutte armée. C’est le peuple qui a empêché le colonialisme de nous battre. Malgré les privations et la hogra du colonisateur, c’est le peuple qui a battu les Français. En plus, il y avait une énorme solidarité diplomatique qui a permis la solution politique. C’est ça la vérité!» Et d’exhorter la population à poursuivre sur cette voie car «le pouvoir, ajoutera-t-il, est entre vos mains.» Il parlera ensuite de la situation de son parti en incitant les anciens de 1963 à plus de vigilance et de sagesse. «C’est le moment le plus heureux de ma vie. Comme vous, j’ai souffert des problèmes provoqués par le pouvoir. Vous avez tous mis en échec les complots contre le parti. N’attendez rien de l’Etat», dira-t-il sous un tonnerre d’applaudissements. Il se montrera ravi de la tournure prise par les événements: «Notre parti est un parti national et démocrate. Il est présent du Sud au Nord et de l’Ouest à l’Est du pays. Quant à notre crédibilité, elle est restée intacte.» Ils étaient, en effet, nombreux à guetter, dès le début de l’après-midi, l’apparition de leur vieux chef. Les anciens SG, Amar Laskri et Maameri Djoudi, Ali Lemdani, Dalila Tayeb et bien d’autres anciens responsables du parti durant les années 90 étaient venus côtoyer les anciens du maquis de 1963. Des jeunes militants remontés envers leur direction ont voulu s’approcher de leur idole sans succès. Ils ne reçoivent pour seule réponse que: «Ce sont les instructions!» Tenter de soutirer quelques mots au Zaïm était impossible et aucune information n’a filtré sur le congrès du FFS. Pas plus que sur le nombre d’invités: «Vous aurez toutes ces informations le jour du congrès «, répétera-t-il à l’envi. Saïd Farhi
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)