«Derviche à la recherche de la vérité»
Il est invraisemblable pour le public béchari de découvrir qu’une troupe théâtrale venue d’Adrar arrive à taquiner le professionnalisme de la planche alors que la troupe locale n’arrive pas à se défaire des présentations du genre saynète présentée par les troupes des écoles primaires en fin de cycle scolaire.
«Derviche à la recherche de la vérité», une adaptation de l’œuvre du Syrien Mustapha El Helaj par Ahmed Dalil a toutes les vertus d’un mélodrame psychologique, le dépouillement et la cinglante sécheresse du verbe. D’un tableau à l’autre, le derviche qui expie la faute d’un autre, avec lequel il n’a de commun que le patronyme, s’extirpe d’une accusation pour tomber sous l’effet d’une autre. Le derviche est condamné à subir les pires supplices sans qu’il sache pourquoi. Un maître du monde assis derrière un échiquier manipule les autres personnages qu’il emploie à faire avouer au derviche une vérité que la victime ignore et que le maître sait parfaitement. Ahmed Dalil, en transposant la torture dans les geôles de Mustapha El Helaj, a tenté de sonder les profondeurs de l’âme pour dévoiler la souffrance endurée par la victime d’une erreur judiciaire. Le cachet local n’est donné à cette pièce que par une chorégraphie. De style «ganga», elle est admirablement interprétée par des joueurs de crotales, même la transe y est de mise. C’est transe du derviche qui dévoile sa personnalité à travers ses délires. Personnalité que ses tortionnaires cherchent à lui faire oublier et lui coller l’étiquette du personnage recherché. A peine si l’arabe classique, employé sans accent particulier, devienne pédant, les personnages semblent s’y faire et forcent l’envie de suivre leurs tirades sans impatience. Certains tableaux sont rudes à supporter, surtout celui de la torture et celui de l’exécution. Exécution par pendaison à laquelle les spectateurs prennent part en tenant un bout de corde. La parabole est très forte et rappelle curieusement un événement récent où un autre maître a associé tout le monde pour pendre un autre maître déchu. «Derviche à la recherche de la vérité» est une production de la troupe Fen El Khachaba de la Maison de la culture d’Adrar. Ce travail entre dans le cadre de la manifestation «Algérie capitale de la culture arabe». Les comédiens Dermechaki Abdeldjebbar, Ouaji Saïda, Bamoun Djilali, Draoui Moussa, Brika Ahmed, Benali Miloud et Moukaoun Djelloul interprètent respectivement «Derviche», «Zajia», «Essayed», «Kadi», «enquêteurs» et chorégraphes dans une mise en scène de Noureddine Boulghiti qui, curieusement, exerce le métier de ... professeur de gym.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com