
La situation sécuritaire et l'éloignement sont des approches qui seront prises en considération dans la réflexion autour du projet de nouveau découpage administratif, estiment des observateurs, expliquant qu'«une nouvelle wilaya nécessite de nouveaux postes des forces de sécurité et donc une surveillance renforcée des frontières».L'une des localités frontalières dont les habitants demandent le passage de leur daïra au statut de wilaya est Bordj Badji Mokhtar, frontalière avec le nord du Mali, partie du territoire malien où subsistent encore des organisations terroristes, dont Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).Les habitants de la daïra de Bordj Badji Mokhtar, relevant administrativement de la wilaya d'Adrar, ne parlent, depuis la relance de l'idée du nouveau découpage administratif, que de ce projet sur lequel ils comptent beaucoup.«Nous relevons administrativement de la wilaya d'Adrar. 850 kilomètres de route souvent dépourvue de plaques de signalisation routière nous séparent du chef-lieu de cette wilaya. Ajoutez le fait que la plus grande partie de la route est impraticable», expliquent des habitants de la daïra de Bordj Badji Mokhtar.La daïra de Bordj Badji Mokhtar comptait 32 000 habitants selon le grand recensement de la population et de l'habitat (GRPH) de 2008, réalisé par l'office national des statistiques (ONS).«Aujourd'hui, cette daïra dépasse les 50 000 habitants, avec notamment le déplacement populaire de maliens et de libyens fuyant les conflits armés et s'installant à Bordj Badji Mokhtar», selon des habitants de cette daïra.«Les déportations populaires se sont accentuées avec la guerre au Mali, à cause de la présence d'organisations terroristes dont Aqmi et le Mujao, et également avec l'insécurité régnant en Libye», expliquent-ils.Le passage d'une daïra à une wilaya signifie également l'installation de nouveaux sièges administratifs de direction et aussi de nouveaux postes de forces de sécurité, dont une sûreté de wilaya.Ce qui renforcera la sécurité dans cette nouvelle wilaya, en particulier quand elle est frontalière, expliquent, quant à eux, des observateurs.A noter, d'autre part, que les communes de Bordj Badji Mokhtar et de Timiaouine, relevant toutes deux administrativement de la daïra de Bordj Badji Mokhtar, sont distantes de 150 kilomètres l'une de l'autre.«Il s'agit d'une route presque complètement impraticable, fréquentée par des contrebandiers et parfois par des éléments d'Aqmi et du Mujao», témoignent des habitants de ces localités.En cas de passage de cette daïra au statut de wilaya, l'état des routes sera amélioré, les axes réfectionnés et sécurisés davantage avec l'installation de postes de forces de sécurité, estiment-ils, notant au passage que «pour le moment, ce sont des patrouilles des forces de sécurité qui assurent la surveillance de ce vaste espace», et que «malgré leurs immenses efforts, les éléments des forces de sécurité ne peuvent donc pas assurer la sécurité tout le temps et le long de tout ce tracé frontalier».Le rapprochement des populations et des habitations est un autre aspect qui sera favorisé par la création de nouvelles wilayas et qui réduira les déplacements des éléments des organisations terroristes, notamment dans les localités frontalières, explique une source au fait de la situation sécuritaire.Les forces de sécurité pourraient être associées aux efforts de réflexion concernant le projet de nouveau découpage administratif relancé lors de la campagne électorale pour l'élection présidentielle du 17 avril 2014. Une commission de réflexion autour de la réalisation de ce projet sera installée pour apporter des propositions dans le cadre de ce projet, a-t-il été annoncé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mounir Abi
Source : www.letempsdz.com