Photo : Sahel
De notre envoyée spéciale à Tlemcen
Wafia Sifouane
Encore une fois, l'excès de zèle sans les garde-fous de la raison et le bon sens qu'impose une responsabilité a montré qu'un geste ou une parole, même dictés par la logique, peuvent déboucher sur des résultats déplorables. Et ce qui s'est passé, avant-hier, à Tlemcen, capitale des Zianides, qui célèbre actuellement les derniers jours de la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011», nous en a apporté la preuve. Pour le troisième soir des festivités programmées dans le cadre de la clôture de cet événement majeur qui s'est étalé sur une année, le public tlemcénien est venu nombreux au Palais de la culture Abdelkrim-Dali d'Imama où devait être donné un concert avec l'orchestre maghrébin de musique. Comme à l'accoutumée, les journalistes et envoyés spéciaux de différents titres de la presse nationale et organes des médias en mission pour la couverture de la manifestation se sont présentés pour faire leur travail. Mais ils seront empêchés d'accomplir leur mission convenablement par des fonctionnaires de l'établissement. Voulant se rapprocher des membres de l'orchestre, les journalistes seront chassés d'une manière humiliante des coulisses, là où ils devaient rencontrer les artistes. En effet, un responsable du Palais de la culture a clairement signifié aux journalistes qu'ils devaient quitter les lieux et qu'ils étaient indésirables dans les coulisses sous prétexte que les musiciens étaient fatigués. L'argument vaut ce qu'il vaut, mais il se tient, et le responsable aurait pu juste se montrer intraitable et obliger les journalistes à se plier, même en rechignant, à sa décision, d'autant plus qu'il a affirmé qu'il s'exprimait au nom du coordinateur général de la manifestation Abdelhamid Benblidia, qui, selon lui, avait donné des instructions pour interdire aux journalistes l'accès aux coulisses. La décision aurait été, bon gré, mal gré, respectée, si seulement, le responsable avait mis les formes en soignant son langage et en se montrant respectueux. Hélas ! Fort de son autorité, il s'est adressé aux journalistes de la manière la plus irrévérencieuse. Ulcérés par ce comportement indigne d'un responsable, les journalistes de la presse écrite ont décidé de quitter les lieux et de boycotter le concert. Ils se tourneront vers la Maison de la culture Abdelkader-Alloula pour assister à une soirée dans le même cadre que le concert. C'est dans une salle presque vide, en raison de la diffusion en direct du match FC Barcelone-Chelsea, que quatre artistes de musique andalouse se sont produits sur scène. Mais Leïla Ben Merah, Abbès Kaïd Slimane, Korssp Fessiane Ghouti et Ben Miloud Sidi Mhamed, accompagnés de l'orchestre de Lotfi Bouyacoub, respectant autant leur art que leur public, même peu nombreux, se sont donnés corps et âme à la scène qu'ils occupaient et ont honoré l'assistance. Ils ont déployé tout leur savoir-faire pour créer une ambiance festive dans la salle. Au menu de la soirée, du hawzi et du assimi. Les spectateurs ont fini par accrocher et certains se sont laissés même aller à quelques pas de danse. A la fin du match massivement suivi par la population, la plupart des jeunes du quartier d'El Mechouar ont choisi de finir leur soirée en musique. En groupes, les jeunes ont rejoint le public pour finir la soirée en beauté.Au final, comme le proverbe qui dit : «A quelque chose, malheur est bon», l'incident du Palais de la culture Imama a finalement été bénéfique. Il a permis aux journalistes de découvrir des artistes de talent et de passer une soirée admirable à la Maison de la culture qui a grandement compensé la déception et le ressentiment suscités par le ratage forcé du concert au Palais de la culture. W. S.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com