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TLEMCEN - Bureaucratie



TLEMCEN - Bureaucratie
Un profond ras-le-bol ! C'est le sentiment qui anime actuellement les veuves de chahids de la wilaya de Tlemcen qui sont rudement harcelées par les procédures bureaucratiques du Trésor de la wilaya. En Effet, à chaque fin d'année, cette institution financière exige de ces mères très âgées et malades de reconstituer les dossiers comprenant un certificat de vie, une copie du brevet de pension (RINA), une photocopie de la carte nationale d'identité (CNI), 2 photos, un chèque barré bancaire ou de CCP, et une attestation de non affiliation à la CASNOS, pour pouvoir continuer à toucher la pension de leurs défunts. De nombreuses veuves de chahids venues déposer leurs dossiers, jeudi dernier, ne comprenaient pas pourquoi l'administration du Trésor leur exige un nouveau dossier chaque année. «On nous demande chaque année de constituer un dossier conséquent, alors qu'ils savent très bien que cela nous est pénible ! Ces procédures bureaucratiques nous empoisonnent la vie ! Pour ce dossier j'ai dû courir de bureau en bureau, mais avec l'âge, c'est vraiment très compliqué. Allah ghaleb, je suis une vieille, je n'en peux plus ! », dénonce les yeux rougis de fatigue une veuve de chahid de la ville de Ghazaouet. Exprimant son «courroux», une autre veuve, croisée dans le hall du Trésor nous confie : « Je ne comprends pas, par exemple, qu'on nous demande, chaque année, de produire un chèque barré, une copie du brevet de pension ou une attestation de non affiliation à la CASNOS ! Est-ce que nous changeons tous les ans les comptes bancaires ou de CCP ' Pour l'attestation de non affiliation CASNOS, est-ce qu'une femme de 70, 80 ou 90 ans peut exercer une activité libérale ' Idem pour la carte d'identité, doit-on chaque année en fournir une copie à l'administration ' Est-ce normal qu'on nous exige de justifier à chaque fois que nous sommes toujours en vie ' C'est inacceptable ! ». Une veuve de Maghnia, malade chronique, qui se débat avec une pile de documents, dit ne pas comprendre toute cette bureaucratie imposée par le Trésor de Tlemcen : « S'ils veulent bien gérer leur argent, ce n'est pas comme ça ! C'est une humiliation qui n'en finit pas pour nous! Nous avons entendu le ministre, Tayeb Belaiz, évoquer la bureaucratie qui fait ravage partout, mais les gens n'ont pas peur ! Il faut sévir ! Il faut prendre des mesures contre cette bureaucratie ! », se lamente-t-elle. Ces veuves diabétiques, hypertendues et parfois handicapées qui habitent dans des contrées lointaines telles que Marsat Ben M'hidi, Ain-Talout, Sebdou, Khémis, Bouihi, Sidi Djilali, Nedroma, Sebaa Chioukh, Ain Nehala, Béni-Boussaid, ou Bab Assa…, éprouvent moult difficultés pour collecter les nombreuses pièces du dossier exigé et souffrent le martyre pour pouvoir ensuite le déposer. Un véritable parcours du combattant. Le Trésor de la wilaya a certes de bonnes intentions, pour contrôler ses finances, mais pas au détriment de ces mères âgées, qui sont sur la dernière ligne droite de leur vie, et sont très affectées par le regain de vérifications. Elles sont constamment malmenées, et ne peuvent s'acquitter à leur âge de ces démarches administratives fatigantes. Elles ne peuvent pas endurer des queues interminables et des cohues au niveau des guichets des différentes administrations. Il faut souligner, dans ce cadre, que les employés de cette institution financière font de leur mieux pour accueillir ces centaines de veuves et gérer la situation. Au moment où les pouvoirs publics commencent à appliquer des mesures d'allègement des procédures administratives trop pesantes sur les citoyens en luttant contre la bureaucratie et en améliorant le service public, des femmes de chahids sont soumises à rude épreuve pour bénéficier de la pension qui leur est concédée par l'Etat algérien en reconnaissance à nos valeureux martyrs tombés en champ d'honneur. Il faut dire, néanmoins, que cette situation est vécue encore dans de nombreuses administrations, ceci en l'absence de textes et autres circulaires allégeant les procédures et autres dossiers.


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