Crime ou suicide?
La veille de Leïlat El Qadr, la paisible ville de Ouled Mimoun, située à une trentaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya Tlemcen, a été le théâtre d’une terrible tragédie.
En effet, la rumeur colportée, faisait état du suicide d’une jeune policière, K.K., âgée de 23 ans, dans le domicile de son fiancé. L’information fit le tour de la ville et parvint aux parents de la victime, des gens sans histoires, originaires de Beni-saf. Choqué, sous le coup de l’émotion, K.H., la soixantaine, père de la victime, persuadé que sa fille ne pouvait en aucune façon mettre fin à ses jours, ne croira pas un seul instant à cette version des faits. «Ma fille était fiancée à un certain H.M., âgé de 24 ans, militaire de son état.Le jour des faits, elle était partie à Tlemcen, où elle travaille comme agent de police, accompagnée de son frère, pour déposer plainte contre le jeune homme avec lequel elle venait de rompre les fiançailles. Elle voulait aussi prendre un congé de maladie pour échapper aux harcèlements et aux coups que lui assénait H.M. qui ne voulait pas entendre parler de rupture».
«Comment pouvez-vous croire une seconde que quelqu’un va se suicider alors qu’il part déposer plainte, accompagné de son frère?», soutiendra le père effondré. La défunte, qui s’était rendu compte du mauvais choix qu’elle avait fait, avait rompu officiellement les fiançailles quelques jours auparavant. Pour échapper à son soupirant qui ne voulait pas lâcher prise et qui s’était déplacé de Ouled Mimoun à Beni-Saf pour la relancer, la défunte avait décidé de prendre un congé spécial. Soupçonnant, sans doute, l’existence d’un autre prétendant, le militaire s’est mis en situation irrégulière pour surveiller la jeune fille. Excédée par ce comportement qui risquait d’être mal interprété par ses collègues (H.M. venait jusqu’à son lieu de travail et la battait, faisant valoir son statut de futur époux), la jeune fille est partie ce mercredi 18 octobre à la rencontre de son destin, prenant résolument la route de Tlemcen, accompagnée de son frère.
Son ex-fiancé l’y attendait et n’eut aucune peine à la convaincre d’aller avec lui à Ouled Mimoun et d’expliquer à ses parents les raisons pour lesquelles elle ne voulait plus de lui. Il était 15 heures environ quand ils arrivèrent à la maison de ceux qui devaient devenir ses futurs beaux-parents. Le frère qui attendait dehors, inquiet de voir l’entrevue se prolonger, a demandé à voir sa sœur et fut stupéfait de voir le frère du fiancé lui ouvrir la porte, le bras ensanglanté. Invité à entrer, il prendra la fuite en direction du commissariat et informera les policiers que sa sœur venait d’être assassinée. A leur arrivée, les policiers trouveront la jeune K.K. gisant à terre, atteinte d’une balle à la tête.
Des sources nous ont même avancé que des fractures sur le corps, des traces de coups au niveau du crâne ont été décelés, de même que la langue de la victime était pendante. Ce qui serait, d’après un expert ayant requis l’anonymat, une marque de strangulation. La jeune fille a été enterrée à Beni-Saf, jeudi dernier. La question qui est sur toutes les lèvres, et contrairement à ce qui a été affirmé dans la presse écrite, s’agit-il vraiment d’un suicide.
Med Amine Benadda
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com