Tlemcen - Revue de Presse

Histoire



La population de Tlemcen sous le régime de l’indigénat Donner asile à un ami ou même à un parent pouvait être une infraction au code de l’Indigénat. «Au point de vue de la surveillance politique et administrative des indigènes et des étrangers musulmans, cette restriction est absolument indispensable» juge le préfet d’Oran. Mais, devant l’absurdité et l’arbitraire d’une telle infraction, même le ministère public reculait certaines fois, de rares fois cependant. Ainsi, cet indigène de Tlemcen qui est relaxé après avoir été inculpé pour avoir donné asile à son gendre! (Audience du 24 novembre 1896). Connaissant le réflexe inné de l’Algérien pour l’hospitalité, on peut penser aisément que le caractère plus que vexatoire d’une telle infraction était vécu comme une grave humiliation... Plus qu’une tradition, l’hospitalité était en Algérie une véritable institution sociale. Le Code de l’indigénat remettait en cause des institutions sociales: La ziara (pèlerinage), la zerda (repas public) et beaucoup d’autres manifestations religieuses publiques étaient soumises à une autorisation. L’ouverture de tout établissement religieux ou d’enseignement et l’exercice de la profession de Derrar (instituteur primaire) étaient sévèrement réglementés. Toutefois, dans les quelques documents d’archives consultés nous n’avons relevé aucune infraction à cette réglementation, en raison peut-être du fait que la population tlemcénienne s’y conformait parfaitement. En revanche, et bien qu’elle était très respectée, l’obligation symbolique d’envoyer un enfant à l’école primaire ne semble faire l’objet d’aucune infraction. Parmi les infractions au régime répressif spécial de l’Indigénat, on remarque de très nombreuses infractions au régime fiscal, spécial aux indigènes lui aussi. Les plus fréquentes sont le refus ou le retard du paiement des impôts ou encore «la dissimulation de la matière imposable.» Jusqu’en 1918 en effet, les Algériens musulmans étaient soumis à un double régime fiscal. Ils devaient payer les impôts directs et indirects de type européen mais aussi les impôts dits «impôts arabes». Les impôts arabes étaient très nombreux: l’Achour frappant les récoltes, la Zakat sur le bétail, le Kharradj...etc. Lourd «tribut que devaient payer les vaincus au vainqueurs». L’inégalité devant les impôts directs européens était encore plus criante. L’impôt sur les propriétés bâties frappait au même titre aussi bien les somptueuses résidences coloniales que les gourbis des fellahs. Cette iniquité fiscale était si flagrante et l’état social des indigènes si peu solvable fiscalement parlant que l’administration fut contrainte de réformer le système fiscal en 1918.   Par HANI Abdelkader
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