Les candidats à l'émigration clandestinesont issus de différents pans de la société qui ne pas forcément paupérisésmais qui se trouvent, tous, dans un état d'abattement sur le plan moral et dansune situation de stress amplifiée par des rumeurs folles, courant dans tous lessens, et véhiculant de vrais ou de faux exploits de quelques-uns ayant purejoindre miraculeusement l'autre rive de la Méditerranée. Ce qui est difficile à comprendre c'estpourquoi malgré les grands moyens déployés par l'Etat en matière d'informationet de sensibilisation sur la gravité des phénomènes en progression alarmante,les candidats à l'émigration s'entêtent toujours et ne retiennent dans leuresprit que les nouvelles d'une poignée de ceux qui ont réussi «la hadda». Lors d'une excursion au port de Bouzedjar, au printemps dernier,des élèves du secondaire se sont, dès leur arrivée, précipités vers les bateauxà l'arrêt et se sont mis à prendre les hauteurs. Ils se mirent à chanter enchoeur, répétant le refrain: «Ya babour ya harraga, Italia Ya Canada». Voyant une telle scène, l'observateur ne peut rester indifférentet se trouve au milieu d'un tourbillon de contradictions laissant le sagepensif et l'érudit consterné et désappointé. Si ce refrain est repris avec chaleurpar des lycéens comme des marins prenant le large vers une zone de pêche, quedire alors des jeunes qui ont quitté les écoles à des niveaux et des âgesdifférents et qui demeurent sans occupation ne pouvant garantir le minimum deleurs besoins pour vivre. Tous les pans de la société, notamment les jeunes,ont besoin d'être écoutés et d'être bien informés sur le phénomène et sesretombées sur les plans familial, social économique et sécuritaire. Ils ontaussi besoin de se prendre en charge pour comprendre et agir en conséquencepour eux-mêmes et leurs semblables. Quelle est donc la stratégie à suivre? Avons-nous, réellement, lesmoyens pour la mettre en oeuvre selon une méthodologie cohérente efficace etefficiente? Aïn Témouchent, considérée comme une destination privilégiée desharraga, eu égard à sa proximité (190 km environ) de l'autre rive de laMéditerranée, est, ces derniers temps et en permanence, sous haute surveillancegrâce au dispositif mis en branle par les autorités de la wilaya. Le haut commandementde la gendarmerie nationale impliqué de plein fouet dans le dispositif de luttecontre l'émigration clandestine et les réseaux de trafiquants de drogue et derecrutement de kamikazes, multiplie des journées d'information et desensibilisation à l'endroit des écoliers en mesure d'assimiler et de véhiculerl'information quant aux risques majeurs qu'encourent les jeunes candidats àl'émigration et les moyens appropriés pour se prémunir de ce fléau croissant.Le lycée Malika Hamidou d'Aïn Témouchent était, ce jeudi, le cadre idéal pourorganiser une rencontre avec les écoliers. Selon le colonel de la gendarmerienationale de la wilaya d'Aïn Témouchent en l'occurrence M. Aïdaoui RedhaAbdelhamid, la journée d'information et de sensibilisation est une initiativeprise par le haut commandement de la gendarmerie nationale et cible troisvolets essentiels à savoir: la lutte contre l'émigration clandestine,l'éradication des réseaux de trafiquants de drogue et l'anéantissement duréseau de recrutement des kamikazes. Enterme de statistiques 70 candidats à l'émigration clandestine ont été arrêtés,en 2007, et sont âgés de 18 à 30 ans. En outre, il a été saisi,la mêmeannée, une quantité de 1.200 kg de kif traité, contre 3.200 kg en 2006. Cesopérations se sont soldées par l'arrestation de 45 individus issus des wilayasd'El-Oued, d'Oran, de Tlemcen ainsi et d'Aïn Témouchent.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Belhadri Boualem
Source : www.lequotidien-oran.com