Le journaliste espion condamné à 10 ans de prison
L’épilogue du procès de Tizi-Ouzou mettant en cause un journaliste et un ex-policier, dans une affaire d’espionnage, a surpris plus d’un. S. Saïd, le principal accusé, a écopé de dix ans de prison ferme, tandis que le policier, accusé de complicité, a été relaxé.
Le procès du journaliste espion a pris fin avant-hier, tard dans la soirée, à Tizi-Ouzou. Le principal accusé S. Saïd, âgé de 44 ans, originaire de Tizi-Ouzou et journaliste dans le journal ivoirien «Le Matin», était accusé d’espionnage au profit de puissances étrangères, notamment Israël. S. Saïd a été, rappelons-le, arrêté à la frontière algéro-marocaine et devait, dans un premier temps, comparaître devant le tribunal militaire de Blida qui a renvoyé l’affaire devant le tribunal siégeant en formation criminelle à la cour de Tizi-Ouzou. Le procès qui s’était déroulé à huis clos a également mis en cause un policier originaire de M’sila et travaillant à Tizi-Ouzou, pour avoir donné des informations à l’accusé principal. Selon des sources, S. Saïd a rejeté toutes les accusations d’espionnage, affirmant qu’il n’a fait que son métier de journaliste. Il a reconnu, cependant, des contacts avec certaines personnes et aussi un voyage en Israël en compagnie, a-t-il affirmé, de journalistes arabes ; sans plus! Les journalistes qui faisaient le pied de grue dans les couloirs de la Cour, ont bien essayé de glaner quelques informations, notamment auprès des avocats et d’autres sources, mais tous ont respecté la loi du silence, expliquant que, «si l’affaire se déroule à huis clos, c’est justement parce qu’il fallait respecter les prévenus, et seuls les juges, et peut-être l’avocat de la défense, peuvent parler de cette affaire s’ils le désirent». On se rabat alors sur l’arrêt de renvoi où on y apprend que S. Saïd a effectué des voyages, en fait des missions au Liban, en Tunisie, au Maroc et en Algérie (notamment dans les camps du Polisario).
Selon ce qu’on a pu avoir comme information, son avocat a souligné, lors de sa plaidoirie, que son client «n’a fait que son travail de journaliste». Le réquisitoire du procureur a été, semble-t-il, des plus sévères en requérant 20 ans de prison à l’encontre de S. Saïd et 10 ans contre T. Ali, le policier co-accusé. L’affaire paraissait compliquée et tout le monde, notamment les journalistes présents, se demandaient comment un journaliste pouvait se muer en espion! Mais voilà, l’arrêt de renvoi est implacable. Malgré les dénégations de S. Saïd et la plaidoirie de son défenseur, le verdict est tombé, avant-hier, tard dans la soirée: relaxe pour le policier et une peine de 10 ans de prison ferme pour S. Saïd.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com