Tizi-Ouzou - A la une

TIZI-OUZOU Les forgerons n'ont pas oublié leurs martyrs à Ihitoussène



Ihitoussène, au sud-est de la wilaya de Tizi-Ouzou, un nom associé au Mouvement national et à la guerre d'indépendance, est un village que l'histoire du pays ne pourrait occulter.
Ihitoussène, anciennement rattaché à la daïra d'Azazga, à un kilomètre du chef-lieu de la commune de Bouzeguène, une région qui a vu naître le colonel Mohand Oulhadj, l'entraîneur de football Noureddine Sapadi ou encore Hamou Amirouche, le secrétaire particulier du colonel Amirouche, a toujours fait partie des luttes contre le colonialisme. Ce mercredi, ce village d'anciens forgerons et de martyrs a encore fait parler de lui. Une stèle à la mémoire de ses chouhada a été inaugurée. De très nombreuses personnes, parmi elles plusieurs personnalités civiles et militaires, étaient présentes pour l'inauguration de la stèle en hommage aux 19 martyrs du village dont 8 (6 hommes et 2 femmes), appartenant à une seule famille, la famille Aliane en l'occurrence. Les intervenants, parmi eux Akli Makhlouf, ancien moudjahid et l'un des fils du valeureux colonel Mohand Oulhadj, le représentant de l'ONM ou encore Mahfoud Belabbas, ont tour à tour expliqué pourquoi il est important de marquer à jamais cet endroit de recueillement pour honorer le courage et l'abnégation de ces hommes et femmes tombés au champ d'honneur. Après l'inauguration de la stèle, un chef-d'œuvre selon plusieurs témoins, et la remise de médailles aux familles des chouhada du village, la parole fut donnée aux présents. Des compagnons d'armes des chouhada, des moudjahidine anonymes ou encore le représentant de l'ONM ou le président de l'APW ont, tour à tour, pris la parole. Le représentant de l'ONM a rendu un vibrant hommage aux martyrs, mais aussi au collectif chargé de la construction de la stèle, à leur tête l'infatigable Salem Hammoum, initiateur du projet et natif du village, notre correspondant local qui, malgré sa maladie, n'a ménagé aucun effort. L'orateur nous apprend à l'occasion, que la commune de Bouzeguène a donné 834 martyrs sur les 22 000 que compte la wilaya. De son côté, Akli Makhlouf, le fils de Mohand Oulhadj, a été catégorique : « La Wilaya III historique a été, durant la Révolution, la cible de tous les complots du colonialisme.» Mahfoud Belabbas, P/APW et enfant de la région, a tenu, de son côté, à rendre un grand hommage aux martyrs de la Révolution, à ceux du FFS de 1963, aux martyrs de la démocratie et aux habitants du village Ihitoussène. Dans sa longue intervention, M. Belabbas n'a pas omis de dénoncer la marginalisation de la région par le pouvoir central. «Ceux qui nous gouvernent n'honorent pas la mémoire de nos martyrs.» Et de citer le calvaire vécu par la population de Kabylie, notamment celle du Djurdjura, durant l'hiver dernier, ou encore les incendies qui ont ravagé, ces derniers temps, l'ensemble de la région «dont l'armée est en partie responsable», selon le P/APW, ou encore l'aide du Pnud bloquée par l'Etat. Avant de clore son allocution, le premier responsable de l'exécutif de l'Assemblée populaire de wilaya a annoncé l'octroi d'une enveloppe de 35 millions de dinars à l'association culturelle du village, dénommée Sebaâ Zbari (sept enclumes). Enfin, et il faut le préciser, la construction de la stèle, ainsi que celle du petit musée, achevé à 95%, et la manifestation de mercredi, estimée à quelque 500 millions de centimes, n'a coûté aucun centime au contribuable. Toutes les dépenses sont venues d'une quête auprès de personnes charitables.
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