
Une vidéo postée sur le web, dans laquelle un jeune étudiant de l'université de Tizi Ouzou déclarait son sentiment d'amour et d'affection à sa camarade dans la cour du campus, a suscité une levée de boucliers sur la Toile chez des intégristes et les gardiens de la morale islamique.En guise de riposte à cette campagne de dénigrement du couple et les commentaires acerbes suscités sur les réseaux sociaux, le Collectif des étudiant(e)s progressistes a initié, hier, un rassemblement devant la bibliothèque du campus de Hasnaoua II (Bastos), sous le slogan : «Pour l'amour, la paix et la tolérance». Les protestataires brandissaient des pancartes sur lesquelles étaient écrits les mots d'ordre du sit-in : «Pour dire halte à l'obscurantisme», «Pour une université laïque et républicaine», «Pour la sacralisation des libertés individuelles et collectives». Diffusion de musique, youyous, feux d'artifice, exposition de tableaux de peinture, un air de fête et de? résistance planait sur la manifestation.«C'est une réponse à la campagne de dénigrement menée par des prédicateurs contre une institution qui a toujours été un socle de tolérance et à l'avant-garde du combat pour la démocratie et les libertés depuis de longues années. Ils veulent encore nous faire la morale ! On ne se laissera pas faire. L'étudiant qui avait déclaré son amour à son amie a reçu des menaces ; d'ailleurs, il ne vient même pas aux cours», explique Houali Kader, étudiant en droit et membre du Collectif. «C'est une réplique à tous ceux qui veulent nous dicter leur morale religieuse et pour le respect des libertés individuelles. Notre université est laïque et républicaine.Ce sont des acquis hérités depuis des générations et que nous devons défendre. Les attaques contre ce couple ne sont que l'élément déclencheur de ce rassemblement car, malheureusement, les atteintes aux libertés individuelles ne se limitent pas à ce seul cas», déplore un autre étudiant qui ajoute : «L'université est un milieu de tolérance, de savoir et d'ouverture d'esprit qui doit être préservé en tant que tel afin d'éviter qu'il bascule vers l'obscurantisme.» Pour appuyer leur mouvement de protestation, les étudiants ont décidé de baptiser le carré où s'était déroulée la fameuse demande en mariage Tazeqa tayri etalwit (Place de l'amour et de la paix).Un olivier y sera planté. Dans une déclaration remise à la presse, le Collectif des étudiants progressistes dénonce vigoureusement «les réactions violentes et rétrogrades vis-à-vis de cet acte suscitées par une certaine presse écrite et certains individus sur les réseaux sociaux». «Durant la journée du 15 février, un événement s'est produit au sein de notre université au niveau du campus de Bastos, où un jeune étudiant avait eu le courage de déclarer son sentiment d'amour et d'affection envers une étudiante.Cet acte sentimental d'une portée symbolique dénote tout le potentiel progressiste et humain que comprend notre université. Dans un contexte où l'obscurantisme s'acharne de toute part sur l'université, cette dernière qui doit être un socle de diffusion des valeurs universelles, du progrès et du savoir, nous interpelle pour prendre conscience du danger latent qui guette l'environnement estudiantin».Et d'ajouter : «Ce geste, en effet, interpelle notre devoir et notre mission en tant qu'étudiant(e)s soucieux de l'avenir de notre société et de notre rôle qui est la transmission des valeurs de paix, d'amour et de tolérance. La marche du progrès et de la civilisation partout ailleurs dans le monde nous impose une vision de l'université qui doit être un environnement vecteur d'idées laïques, républicaines et progressistes. Notre université est une institution académique où la liberté d'expression et le respect de la différence sont sacrés et protégés. Elle est aussi à l'avant-garde de certaines luttes et de certaines valeurs. Vu tout cela, nous déduisons que l'indignation suscitée est désuète».etudiant@elwatan.com
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ahcène Tahraoui
Source : www.elwatan.com