Le mouton de l’Aïd ne sera pas au rendez-vous
L’Aïd El-Adha en Kabylie, à l’instar des autres régions du pays, coûte cher, très cher même. Pour bien des familles, cette fête ne sera pas, cette année encore, celle du mouton.
Ce dernier, selon des citoyens rencontrés à Tizi-Ouzou, est cédé sur le marché de Sebt de Tizi-Ouzou entre 18.000 DA pour le mouton moyen et 25.000/30.000 DA pour le bélier encorné. Tout le monde ne peut s’offrir ce sacrifice. Alors, le mouton de l’Aïd ne sera pas au rendez-vous, cette fois-ci encore, pour bon nombre d’Algériens.Ceci dit, les marchés de produits de consommation courante en Kabylie, peut-être un peu plus qu’ailleurs, semblent, eux aussi, pris d’une subite fièvre.
Les prix se sont envolés et les fruits et légumes, notamment, n’ont désormais plus de plafond. Ainsi, la pomme de terre locale avec son pesant de terre qui enrobe les tubercules est affichée à 45 Da le kilo alors que celle d’importation est cédée à 40 Da. la fève est, quant à elle, vendue à 60 ou 70 Da et le poivron frise les sommets avec 70 Da, suivi du piment qui est aussi de la partie en s’affichant à 40 Da. Le navet s’essaie lui aussi à rehausser sa valeur en étant proposé à 30 Da le kg.
Cette mercuriale en folie est expliquée, par les uns et les autres, par l’approche de l’Aïd, et aussi par le fait qu’avec ce climat assez pluvieux, les récoltes se font mal ou souvent pas du tout. Les ménagères qui ont appris la leçon ne disent plus rien, se contentant de se rabattre, quand cela est possible, sur les pâtes et les légumes secs.
Il reste, cependant, que les enfants, souvent, n’aiment pas trop ces produits alors que les mamans sont dans l’obligation de resserrer les cordons de leurs bourses. Que dire aussi du dessert, avec la pomme dont les prix oscillent entre 70 Da la petite pomme locale, souvent acide car cueillie avant maturité, et la Golden d’importation qui est proposée à pas moins de 200 Da.
La figue sèche, une spécialité de la région, est elle aussi cédée à 200 Da le kg, une figue cependant toute rabougrie car non soignée dans des figueraies pratiquement délaissées depuis des lustres. Seul le gland, fruit du chêne, paraît accessible, alors qu’auparavant, même quand l’Algérien n’avait pas grand chose à se mettre sous la dent, il était réservé aux animaux. Quant à la viande, elle est devenue un véritable aliment de luxe que des familles ne consomment que lors des fêtes. Et encore... !
M. Chabane
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com