La Gendarmerie nationale a procédé à l'arrestation d'un groupe d'individus pour fabrication de fausses' pièces de monnaie de 20 et 50 dinars dans la wilaya de Tizi Ouzou, nous apprend une collègue du bureau local.Les trafiquants, toujours selon notre collègue, «avaient l'habitude de falsifier des billets de banque». Plus qu'un hobby, ce devait être une passion dévorante qui animait les jeunes trafiquants kabyles pour passer du papier au métal.
Avec tout ce qui en découle comme manque à gagner, comme «coût de fabrication», comme matière première encombrante, comme matériel lourd d'usinage, comme savoir-faire et comme difficultés d'écoulement, ils devaient apparemment avoir d'autres motivations que le gain.
Se faire plaisir par exemple, avec la sensation du défi en prime. Dans leur audace à «diversifier» leur activité, il n'y a pourtant pas que ça, chez ces petits trafiquants. Il y a surtout cette quasi assurance qu'il ne peut rien leur arriver.
Et la chronique régulière de la délinquance ordinaire est très généreuse en matière d'exemples : le culot est d'abord nourri par le sentiment d'impunité. Ce ne sont même pas des pièces de 100 et 200 dinars, plus importantes en valeur qui sortaient de l'atelier de nos jeunes faux monnayeurs mais de 20 et 50.
On ne sait pas si des «contraintes techniques» y ont été pour quelque chose dans cette option industrielle pour le moins surprenante mais on sait déjà qu'elles ne devaient pas être déterminantes en l'occurrence.
Autre fait «insolite» dans cette histoire, c'est suite à la «plainte d'une victime» que la gendarmerie a ouvert une enquête et arrêté les accusés.
De manière générale, ce n'est pas tous les jours que des victimes se plaignent, encore moins pour si peu. Parce que le brave bonhomme qui a osé se plaindre ne devait pas être arnaqué pour grand-chose.
Des pièces de 20 et 50 dinars, il en faudrait des masses pour obtenir une somme qui vaille la peine de s'impliquer dans une «affaire» aux procédures longues et pénibles qui plus est, n'aboutissent pas toujours pour espérer une réparation du préjudice subi.
Sans parler de l'omerta qui, par la force des choses, s'installe comme vraie «culture», quand elle n'est pas simplement une seconde nature. Mais qu'on ne s'inquiète pas. Ce n'est pas parce qu'un groupe de jeunes de Tizi Ouzou a élargi son activité à la ferraille en revoyant à la baisse ses ambitions de prospérité, que le «papier» est tombé en désuétude.
Les usines à billets fonctionnent toujours à plein régime et dans ces ateliers-là, il n'y a de place ni aux hobbies ni aux passions. Les «contraintes techniques», elles, poussent plutôt vers un «centrage» de l'activité vers les grosses coupures. Et quand c'est possible vers les devises lourdes, comme l'euro et le dollar.
Pendant qu'on arrêtait les jeunes trafiquants de Tizi Ouzou, on interpellait aussi d'autres plus loin, du côté de Khemis Miliana. Selon notre correspondant local, quatre trafiquants ont été arrêtés par la BMPJ, en possession de' 56 000 dinars en coupures de 1000. Une broutille qui ne doit pas envier grand-chose aux piécettes, en termes de minceur.
Hier, rien n'a été signalé sur les gros faussaires. Les usines sont bien gardées. Il ne s'en échappe aucun bruit de ferraille.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com