La tomate à 100 DA, les piments à 150 DA, tout a augmenté de 60 à 100%.
Depuis quelques jours, les populations de la wilaya de Tizi-Ouzou vivent au rythme des augmentations des prix de divers produits alimentaires. Ces hausses inexpliquées concernent essentiellement les fruits et légumes. Les prix pour certains produits ont grimpé de 50% alors que la pomme de terre, elle, se voit escalader les 100%, voire plus. Une tournée à travers les marchés renseigne suffisamment sur l'état d'esprit des populations qui, comble des paradoxes, se voient invitées à voter dans quelques jours. Les réactions des citoyens interrogés par nos soins sont éloquentes.
La colère ne se fait pas attendre de la part des citoyens. La situation difficile dans laquelle ils doivent subvenir aux besoins de leurs familles dans ces conditions rend dur à aborder le sujet des élections législatives.
A Draâ Ben Khedda, ville qui abrite un marché réputé pour ses prix les plus bas de la wilaya de Tizi-Ouzou, la situation n'est guère meilleure. Pourtant, le marché en question est convoité par les citoyens de toutes les régions. Les prix des fruits et légumes y sont les moins chers. «Ma foi, ça ne sert plus à rien de venir ici de l'autre bout de la wilaya. Même ici à Draa Ben Khedda, les prix brûlent», nous répond un homme, à la cinquantaine. Cet enseignant au lycée révélera s'être déplacé de Tigzirt, comme d'habitude, pour faire son marché. Mais, hier, la pomme de terre coûtait 65 DA le kilo. «C'est toujours quelques dinars de gratter. A Tigzirt, elle se vent à 90 DA», poursuit-il. Il ne dira rien à propos des élections. Mais un autre jeune accosté à la sortie du marché répond mais d'un air vraiment narquois. «Oui, je vais voter mais pour celui qui m'offrira un quintal de pommes de terre. Ma voix coûtera de l'argent au même titre que les sièges», affirmera-t-il. A Azazga, les marchés ne sont guère différents: la pomme de terre à 80 DA, la tomate à 100 DA, les piments à 150 DA, l'oignon à 60 DA. Tout a augmenté de 60 à 100%. A Boghni, les cris des marchands confirment la règle. «Ah! Allez plutôt demander de voter à ceux qui trouvent ces prix abordables. Il y en a beaucoup comme ça. Et, vous savez, ceux-là sont même prêts à acheter des places dans les listes», rétorque un citoyen accompagné de ses enfants.
En effet, les citoyens sont réellement inquiets, voire désemparés. Les prix sont vraiment hors de portée de la bourse moyenne. «La pomme de terre à 100DA. Combien devrais-je touché comme salaire pour pouvoir faire vivre ma famille'» s'interroge un autre citoyen rencontré au marché du centre-ville de Tizi-Ouzou. «Je crois qu'ils veulent nous tuer de faim. Qui a laissé ces prix augmenter. Y a-t-il un Etat'» s'exclame un jeune père de famille.
Enfin, il est facile de constater que la pomme de terre l'emporte sur les élections dans les discussions sur les places publiques. A Tizi-Ouzou, les gens ne s'intéressent guère aux listes des partis. Aucun intérêt et les candidats ne semblent guère en mesure d'attirer l'attention des citoyens. Et un kilo de patate à 100 DA n'est pas pour faciliter la chasse aux voix.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com