Tizi-Ouzou - A la une

Le FFS en crise permanente



C'est sur fond de divisions internes que le Front des forces socialistes tiendra aujourd'hui une session extraordinaire de son conseil national.La rencontre de sa direction avec le chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, le 14 février dernier, a aggravé la crise qui secoue le parti depuis son dernier congrès.Une rencontre qui a provoqué un mouvement de colère parmi la base militante qui entre dans une confrontation ouverte avec les instances dirigeantes.
Fait rare dans l'histoire du FFS, nombre de ses structures locales ont publiquement désavoué la démarche du secrétariat national. D'évidence, la réunion extraordinaire du "parlement" du parti, aujourd'hui, s'annonce explosive.
Le climat électrique dans lequel s'est tenue, avant-hier, la rencontre fédérale de Tizi Ouzou, élargie aux militants et en présence du premier secrétaire du parti, Youcef Aouchiche, renseigne sur l'état des divergences qui minent le FFS.
Ce dernier, qui vit dans une crise permanente, a vu ses rangs se disperser depuis que la direction du parti a fait le choix de "la discussion" avec le pouvoir politique, alors que sa base militante reste collée aux positions intransigeantes du Hirak.
Pour tenter de calmer la fronde, le premier secrétaire du parti, M. Aouchiche, souhaite l'organisation d'un congrès ordinaire. "Nous avons toujours appelé à l'unification et à la réunification des rangs du FFS.
En tant que membre du conseil national, je joins ma parole à toutes celles et à tous ceux qui demandent la tenue, dans les plus brefs délais, d'un congrès ordinaire pour sauver le FFS", s'est-il engagé lors de son intervention à la clôture de la rencontre fédérale d'avant-hier.
Des propos qui, autrement, sonnent l'urgence du renouvellement des instances du parti pour pouvoir surmonter sa crise interne. Mais en attendant, le sauvetage s'annonce aussi compliqué qu'un sauvetage en haute mer en raison de l'intensité de la vague de colère qui a gagné la base militante du parti.
En effet, à la guerre qui couve au sein du FFS depuis plusieurs années vient s'ajouter à ce qui s'apparente à une nouvelle fracture, cette fois-ci entre une partie de la base militante et l'instance présidentielle du parti précipitée par la rencontre d'El-Mouradia.
La révolte interne qui n'était initialement que virtuelle, tant elle se déroulait essentiellement sur les réseaux sociaux, a fini même par trouver un prolongement concret sur le terrain comme le montre le grabuge qui a émaillé le début de la rencontre fédérale de Tizi Ouzou, avant-hier, jeudi.
Si à Béjaïa, la rencontre fédérale tenue par le parti, le 27 février dernier, a eu lieu dans la sérénité, à Tizi Ouzou, où plusieurs de ses sections locales avaient déjà dénoncé la rencontre avec Tebboune au lendemain de sa tenue, la rencontre fédérale de jeudi a débuté avec un envahissement de la scène par les militants auxquels ladite rencontre "surprise" semble être restée en travers de la gorge.
La rencontre a ensuite repris son cours et s'est poursuivie dans le calme, mais ils sont encore nombreux à considérer la prise de langue des représentants du parti avec Tebboune comme un "affront" et "un reniement des valeurs du FFS" dont la base militante ne saurait s'accommoder.
Les membres de la direction du FFS, eux, soutiennent mordicus que n'était "l'engrenage de désinformation qui s'est déchaîné comme à chaque fois que les événements importants et décisifs s'enchaînent", leur démarche est loin de signifier un quelconque renoncement aux valeurs de lutte du FFS. Sauf que les militants ne l'entendent pas de cette oreille et le font savoir.
La réunion extraordinaire du conseil national saura-t-elle aplanir les tensions au sein du plus vieux parti d'opposion ' Pas si sûr, d'autant que la question de la participation ou pas aux élections législatives risque aussi de rajouter une autre couche de tension à la "maison de Souidani-Boudjemâa".

Samir LESLOUS
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)