Tizi-Ouzou - A la une

La population maintient le cap



Ils étaient encore très nombreux, hier, à battre le pavé à Tizi Ouzou où la 3e marche depuis la reprise du Hirak s'est ébranlée de l'entrée principale de l'Université Mouloud-Mammeri, vers 13h30, pour prendre fin deux heures plus tard, à la place de L'Olivier, à l'autre bout de la ville.Le cordon de la police anti-émeute installé, comme chaque vendredi, depuis les premières heures de la matinée, a tenté, dans un premier temps, de faire barrage aux manifestants, au niveau du stade du 1er-Novembre. En vain.
La marée humaine était tellement dense qu'il a fini par céder. Les policiers qui régnaient sur la ville dans la matinée ont fini par ranger boucliers et matraques, laissant, ainsi, la foule prendre totalement possession de la rue.
Les vagues de manifestants avançaient en scandant les slogans habituels du Hirak appelant au changement radical du système, à l'instauration d'une véritable démocratie, à une justice indépendante, à une presse libre et à la libération des détenus d'opinion et politiques. "Pouvoir assassin", "Système dégage", "Libérez l'Algérie", "Yasskout nidham", "Dawla madania machi asskaria", "Istiqlal", criaient-ils sans interruption.
"Rien n'a changé, Tebboune n'a rien fait depuis sa prise de pouvoir. C'est le même système qui en train de se régénérer à travers la Nouvelle Algérie", a clamé un vieil homme qui brandissait une pancarte sur laquelle on pouvait lire : "Système dégage".
D'autres pancartes portaient des phrases telles que "la police et la justice emprisonnent les hommes intègres et patriotes, mais protègent les voleurs". Sur une large banderole accrochée par les manifestants au niveau de la première trémie du centre-ville, il était écrit : "Ya Tebboune, si on veut connaître un peuple, il faut bien écouter sa musique."
Une banderole qui met en évidence le fossé entre les aspirations du peuple et la feuille de route du pouvoir. Plus nombreuses encore les pancartes qui appelaient à "la transition démocratique", "une Algérie libre, démocratique et laïque".
Comme pour démontrer que les islamistes n'ont aucune mainmise sur la rue, du moins à Tizi Ouzou, de nombreux manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Notre Algérie n'est ni islamiste ni militaire". Les slogans qui, à chaque fois, faisaient référence au Congrès de la Soummam achevaient de démontrer le rejet de l'islamisme dans la capitale du Djurdjura.
Contrairement aux deux vendredis précédents, la marche d'hier a été marquée par un retour massif des portraits de révolutionnaires tels Abane Ramdane, Boudiaf, Lakhdher Bouregâa, Aït Ahmed, Fadhma n'Soummer qui ont été brandis par les manifestants tout au long de cette marche qui prenait la direction de la place de L'Olivier, qui fait face au commissariat centrale et à la cour de justice.

K. TIGHILT
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