Inaugurée le 2 juillet dernier, la placette de l'Olivier sise à l'entrée ouest de la ville de Tizi Ouzou est incontestablement la nouvelle «attraction» pour les familles en ces soirées ramadanesques.Cet espace public qui comprend le mémorial de Matoub Lounes, chatteur engagé d'expression kabyle assassiné le 25 juin 1998, est pris d'assaut chaque soir après la rupture du jeûne. Femmes, hommes, enfants, filles et garçons y trouvent un lieu de rendez-vous et de détente. Ce qui était une ancienne station de taxis a été aménagé, en l'espace de quelques semaines, en une destination symbolique. Et ce, grâce à l'édification d'une remarquable stèle, une 'uvre architecturale historique à la mémoire des martyrs de la Révolution au centre d'un carrefour. En forme de bougie, l''uvre est montée d'un lampadaire en guise de flamme. Le suif, façonné en bronze est serpenté par une spirale sous forme d'un cliché cinématographique en cuivre.
Des sculptures, représentant des passages des différentes périodes coloniales, ainsi que les grandes batailles livrées en Kabylie contre l'occupant français entre 1830 et 1962 sont taillées dans le métal. A la base de l'édifice des plaques en marbre noir sont fixées tout autour de cet ouvrage. Sur ce fond sombre 20 000 noms de martyrs de la wilaya de Tizi Ouzou, apparaissent en filigrane. Plus haut, au milieu d'un vaste espace pavé et tapissé de gazon naturel un olivier, savamment élagué, se mêle au décor urbain. Au pied de l'arbre séculaire un pupitre propose la lecture d'un texte de l'écrivain algérien, Mouloud Mammeri, décrivant l'oléacée dans son espace naturel et sa symbolique.
Encouragés par le flux nocturne des habitants, des vendeurs de glaces et de cafés se sont installés à proximité. Une quiétude quelque peu gâchée par la nuisance sonore du comité des fêtes de l'APC de Tizi Ouzou qui y organise des galas nocturnes où les bordures de gazon et les espaces verts piétinés, sont transformés en piste de danse. Plus bas, le mémorial érigé à la mémoire du Rebelle, le chanteur Matoub Lounès, se dresse face à l'entrée de la ville sous un arbre d'ornement.
Sur les deux côtés du monument, le portrait de l'éternel Lounès (celui qu'il avait choisi pour son album sorti en 1997) s'offre d'entrée aux yeux des automobilistes venant d'Alger. «Au nom de tous les miens» est le titre de cet opus d'où est extrait ce vers poétique transcrit sous l'effigie du barde. Il caressait l'espoir qu'un jour le tamazight rayonnerait sur l'Algérie à travers l'école. Ainsi, ce n'est qu'après la concrétisation de ce rêve que la haine et les tourments d'un peuple fléchiront.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nordine Douici
Source : www.elwatan.com