Tizi-Ouzou - A la une

"La justice algérienne s'est condamnée devant le tribunal de l'histoire"



Liberté : Vous venez d'arriver à Tizi Ouzou et une immense foule vous attend depuis ce matin. Quel est votre sentiment en voyant autant de monde se mobiliser pour vous accueillir aujourd'hui 'Samira Messouci : C'est un sentiment partagé entre émotion et fierté ! C'est une grande émotion que de revenir à Tizi Ouzou après six mois de détention et de trouver autant de personnes pour nous accueillir. Nous savions que la mobilisation se poursuivait, mais nous sommes toujours surpris de voir toujours autant de monde mobilisé. Ce combat ne m'appartient pas personnellement puisqu'il appartient à tout le peuple.
Vous venez de purger une peine de six mois de prison. Peut-on savoir ce que vous retenez particulièrement de cette période de détention '
La mobilisation citoyenne. Le pouvoir nous a habitués avec ses méthodes, à chaque fois, il a essayé de braquer ses caméras quelque part pour nous faire oublier, mais il n'a pas réussi. La mobilisation s'est poursuivie durant toute notre incarcération et se poursuit avec les détenus encore incarcérés. Donc, c'est quelque chose que je ne pourrai jamais oublier !
Après cette détention, estimez-vous que vous avez accompli votre devoir ou bien sentez-vous encore le besoin de vous impliquer et de poursuivre le combat '
Si nous étions déjà déterminés avant d'entrer en prison, maintenant, nous le sommes davantage, parce que maintenant, nous avons goûté à l'arbitraire, et le fait de voir le peuple garder le caractère pacifique des manifestations malgré les provocations du pouvoir, c'est quelque chose de grandiose qui nous donne envie de nous battre encore davantage.
Ceux qui disent que nous avons échoué parce qu'il y a eu des élections ou parce qu'ils ont désigné un président, moi je dirais que nous n'avons pas échoué, bien au contraire, ce sont eux qui échouent chaque fois un peu plus, et nous, nous sommes en train de gagner sur toute la ligne. Le chemin risque d'être un peu plus long, mais il suffit juste de reprendre son souffle pour réussir car je suis convaincu que nous parviendrons à nos fins.
Quelle image avez-vous aujourd'hui de la justice algérienne '
C'est une justice à laquelle je ne peux plus faire confiance. Lorsque nous avons été présentés devant le juge de la Cour d'Alger, il nous a demandé de lui faire confiance et j'ai refusé. D'ailleurs, j'ai demandé le report du procès. Je ne peux pas faire confiance à une justice qui m'a incarcérée arbitrairement et qui a bafoué toutes les lois de la République. C'est une justice qui s'est condamnée devant le tribunal de l'histoire. Nous, on nous a mis en prison et nous en sommes sortis, mais eux, ils sont condamnés à mort devant le tribunal de l'histoire.
Votre prochaine marche, ce sera où '
À Tizi Ouzou !

Entretien réalisé par : S. Leslous
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