Tizi-Ouzou - A la une

L'élue APW accueillie en héroïne à Tizi Ouzou



Samira est apparue vers 12h30 sur la place M'barek-Aït Menguellet, sur un cheval blanc, drapeau amazigh noué autour du cou et le portrait d'Abane Ramdane dans une main. La foule qui l'entourait était tellement dense que le cheval avait toutes les peines pour avancer vers le lieu où Samira devait prendre la parole. Des mains se tendaient vers elle par dizaines à la fois, voire par centaines, pour la saluer ou la prendre en photo.Tout au long de ce court parcours effectué à cheval, la foule scandait : "Djazaïr hourra dimocratia", "Les détenus bravo âlikoum, echaâb yeftakher bikoum". Des youyous fusaient de partout. La joie qui régnait sur la placette n'avait d'égale que la fierté exprimée par la foule à l'adresse de Samira et de Challal Amokrane, l'autre détenu libéré en même temps qu'elle de la prison d'El-Harrach. Visiblement émus par cet accueil extraordinaire, les deux détenus, micro en main, mais la gorge visiblement nouée par l'émotion, ont eu tout le mal du monde à entamer leur prise de parole.
"Merci pour l'ensemble du peuple qui n'a pas arrêté de nous soutenir tout au long de notre incarcération, merci aux avocats qui font un travail exceptionnel pour nous, merci aux différents collectifs qui exigeaient notre libération et je tiens à remercier particulièrement la presse qui a fait le choix d'être libre et d'assumer notre combat pour la dignité, pour la démocratie et les libertés", a fini par lâcher Samira devant la foule qui rétorquait par "Djazaïr hourra dimocratia".
Sans transition, l'élue du RCD à l'APW de Tizi Ouzou réaffirme son engagement à poursuivre le combat. "Nous sommes issus d'une région qui a toujours porté le combat libérateur, nous ne pouvons plus reculer et nous ne pouvons pas avoir peur", a-t-elle déclaré avant de revenir sur son incarcération. "Notre incarcération avait un objectif : le pouvoir voulait nous faire peur, nous dissuader de continuer la révolution, mais toutes ses tentatives ont été un échec pour lui et une réussite pour nous.
L'histoire retiendra cela et notre combat doit continuer", a-t-elle poursuivi non sans dénoncer les juges qui continuent à condamner les manifestants en piétinant, dit-elle, les lois de la République. "Ils doivent savoir une chose, c'est qu'en faisant cela, ils sont en train de signer leur propre condamnation devant le tribunal de l'histoire et l'Histoire ne pardonne pas et n'oublie pas. La preuve, ce 27 décembre a réhabilité un grand homme, à savoir Abane Ramdane, qui a été assassiné, mais que l'Histoire n'a pas oublié."
Des youyous fusent à nouveau, et, à son tour, Challal Amokrane prend la parole pour remercier le peuple pour la pression qu'il a exercée sur le pouvoir. À la foule qui scandait "Assa azekka, tamazight thella thella", Mokrane lance, drapeau amazigh en main, "tamazight sera là, même lorsque nous ne serons plus là. Le combat continue". À noter que les grands absents à cet accueil n'étaient autres que les élus APW qui, à l'exception de ceux de son parti, n'ont pas daigné venir à la rencontre de leur camarade élue.

Samir LESLOUS
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