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La filière bovine tente de se redéployer Malaise chez les agriculteurs et éleveurs



La filière bovine tente de se redéployer                                    Malaise chez les agriculteurs et éleveurs
Photo :M. Hacène
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Lakhdar Siad

Globalement, l'élevage bovin laitier et engraissement dans la wilaya de Tizi Ouzou est dominé par de petites exploitations familiales, situées dans des zones montagneuses qui constituent plus de 80 % de la superficie totale et sont pauvres en sol fourrager. En plus de la favorisation des autres cultures et activités de l'agriculture dans les derniers plans du développement du secteur de la région de Kabylie au détriment de l'élevage bovin, ce dernier ne bénéficie pas des conditions naturelles, humaines et matérielles adéquates pour son épanouissement durable. Il s'agit du programme de reconversion mis en 'uvre au profit de l'arboriculture et de la viticulture. Ainsi l'élevage bovin est limité à de petits cheptels dans des exploitations généralement privées sans envergure par rapport à la demande locale en lait (la production laitière dans la région de Tizi Ouzou est ainsi majoritairement à base de concentré, selon une étude récente) et viandes rouges. Sans parler des contraintes multiples à l'essor des cultures fourragères indispensables dans le processus de l'élevage bovin. Le dernier chiffre disponible dans ce segment fait état d'une évolution positive. La production de viandes rouges est passée de 51 500 q en 2008 à 73 020 q en 2009, soit une augmentation de 42%, services agricoles de la wilaya de Tizi Ouzou. Le calcul d'indice de production fait pour la période allant de 2004 à 2008 fait ressortir un taux de croissance annuel de l'ordre de 3,69 % par rapport à la période 2000-2003. Un taux qui se traduit, en détail, par une croissance de 21 % pour la production végétale, 14 % pour la production animale et 18,45 % pour l'ensemble de la production agricole. Et l'indice de production agricole affiché pour l'horizon 2013 par rapport à la moyenne 2004-2008 sera de 153,08, ce qui se traduira par un taux de croissance moyen annuel de 7,07 alors qu'il était de 3,69 % en 2004-2008.Cependant le mal est beaucoup plus profond. La majorité des terres agricoles exploitables dans la région de Kabylie sont transformées en construction à usage d'habitation ou commerciale et ce phénomène prend de l'ampleur avec la bénédiction des services de l'Etat qui au lieu d'y remédier préférèrent la solution facile et ruineuse de régularisation foncière des propriétaires dans le cadre de la révision des Pdau (plans directeurs d'aménagement urbain) et des POS (plans d'occupation des sols). Les terres sont ainsi détournées de leur vocation. La plupart de ces terres sont «soit détournées de leur vocation initiale, soit inexploitées par leurs propriétaires qui sont de plus en plus nombreux à verser dans d'autres activités commerciales plus rentables et plus lucratives que l'agriculture (...). Cette situation est récurrente au niveau des riches plaines s'étalant de oued Aïssi jusqu'à Fréha où s'érige actuellement une véritable zone urbaine. Le fait que l'ensemble de ces terres relève de la propriété privée a favorisé cette dilapidation. La majorité des propriétaires terriens ont réalisé de gigantesques bâtisses à usage d'habitation ou commercial, les terres que longent les grands axes routiers sont louées aux vendeurs de matériaux de construction et des garages de commerce», relève un observateur, «ami des agriculteurs». Alors pourquoi chanter la «sécurité alimentaire» à longueur d'année si la loi est outrepassée. Pour rappel, le projet de contrat de performance dans la wilaya de Tizi Ouzou a été élaboré en procédant à une analyse statistique des données sur les productions, marquées par l'impact des différents programmes mis en 'uvre au niveau de la wilaya durant la période 2000-2008, selon les services de l'agriculture de la région qui relèvent que sur le plan des productions agricoles, les activités sont très diversifiées avec cependant la dominance de l'oléiculture, l'élevage bovin laitier et engraissement, l'arboriculture fruitière (noyaux-pépin-figuier) ainsi que l'aviculture (en particulier chair). Ces projets toucheront 42 communes dont 8 570 ménages pour une population totale de 68 560 habitants sur un espace globale de 60 380 ha, ce qui permettra la création de 18 450 emplois et l'extension de la surface agricole utile sur 2 600 ha. «D'autres produits vont connaître un taux remarquablement plus élevé qu'en période 2004/2008. Il s'agit plus particulièrement des céréales (4,08 %), et la pomme de terre (6,84 %) dans le cadre des programmes spécifiques d'intensification et une croissance maintenue à un niveau appréciable des productions de vigne, agrumes et des 'ufs», projetaient les mêmes services.
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