L'histoire est véridique. Elle révèle au grand jour le visage hideux du colonialisme. Elle se déroule dans un village de Kabylie un certain jour du 28 septembre 1958. Une douzaine de personnes ont été brûlées vives à Aït Zellal par l'armée coloniale pour s'être opposé les à des élections qu'on savait déjà truquées. Ce drame, Koceila Djaouti, jeune réalisateur, le raconte avec passion. Les brulés vifs étaient ses ancêtres et Aït Zellal est son village natal. Il raconte tout cela dans son film documentaire «La braise des âmes».
Enfant, Koceila se demandait naïvement sur les raisons qui ont motivé des hommes à perpétrer un acte aussi barbare sur d'autres hommes. Il n'a cessé, depuis, de fouiner dans les archives et les témoignages des gens qui se souviennent. Rassemblés, ces derniers serviront au jeune réalisateur pour concevoir un film documentaire qui relate cet évènement que les vieux d'Aït Zellal se remémorent encore. Un jour de septembre, des militaires vinrent au village. Prennent les personnes suspectées d'avoir perturbé le déroulement des élections du 28 et les brûlèrent vives avant de massacrer d'autres. Le film documentaire de Koceila Djaouti jette donc un aperçu sur des pratiques coloniales génocidaires. Des faits véridiques qui renseignent sur la sauvagerie des troupes coloniales. Pour ce faire, Koceila a étudié de près l'époque du déroulement des évènements. Dans son film, les personnages choisis racontent le drame avec précision. Connaissant la langue de ses ancêtres, il raconte avec des mots qui déshabillent le mensonge. Le reniement de ses responsabilités dans des massacres commis contre des populations désarmées n'honore guère les auteurs.
Le film documentaire de 72 minutes vient de passer en avant-première au théâtre régional Kateb Yacine. L'assistance, essentiellement jeune, a vu de près les atrocités subies par leurs parents durant la période coloniale. Aussi, et lors d'un entretien que nous avons eu avec le réalisateur, il s'avère que le film a été réalisé avec ses propres moyens.
«Personne ne nous a aidé malgré nos sollicitations» tranchera-t-il, non sans amertume de voir les travaux sur la mémoire laissé à l'abandon. Koceila Djaouti espère, et il le dit, que son film aura contribué à faire éclater la vérité sur des évènements qui, jusque-là, demeuraient méconnus.
L'histoire coloniale est jalonnée de massacres, telles les enfumades du Dahra mais pas que ça. Il y en a d'autres encore comme cette histoire qui s'est déroulée à Aït Zellal.
Enfin, il est à noter que la sortie du film documentaire de Koceila Djaouti coïncide avec la date du 1er novembre. Avec la célébration de l'année du Cinquantenaire de l'Indépendance, des travaux comme ceux de ce film méritent d'être vulgarisés et leurs auteurs encouragés.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com