Tizi-Ouzou - A la une

L'illusion du changement



L'illusion du changement
«Votez pour le changement!» ressassait-on lors des législatives du 10 mai dernier. Deux mois après, alors que la nouvelle assemblée est installée, le changement escompté tarde à venir. Un argument supplémentaire qui ne manquera pas de conforter l'attitude des partisans du boycott aux prochains rendez-vous électoraux. Même le nouveau gouvernement censé être désigné au lendemain du scrutin, semble n'être qu'un mirage. On spécule, on nomme et on dégomme «virtuellement» des Premiers ministres... Ça patauge dans tous les sens et ça navigue à vue à tous les niveaux. Déjà que ce n'est pas le parti sorti des urnes qui nomme son gouvernement, d'aucuns se demandent quelle est l'utilité d'une consultation électorale, si celle-ci n'incarne pas la volonté populaire. Face au statu quo, le doute commence à s'installer, au point que la notion d'autorité de l'Etat tend à fondre comme neige au soleil. Alors que certains diront ne pas reconnaître un ministre «recyclé», d'autres vont carrément à l'affrontement, en l'absence d'un cadre de dialogue et de voies de communication, pour soumettre leurs doléances aux instances concernées. C'est le cas, notamment des gardes communaux qui ne comptent pas courber l'échine, après plus de deux mois de contestation. Cette fois-ci les choses se corsent, puisque leur mouvement tend à gagner davantage de sympathie auprès de la population. Rejoints par des membres de leurs familles et de leurs proches, ils sont déterminés à aller jusqu'au bout de leurs revendications, même si le ministère de l'Intérieur a annoncé, via son dernier communiqué, avoir répondu à une grande partie de leurs doléances. Là aussi, on décèle une carence en matière de communication, même si le Dgsn Abdelghani Hamel a donné des instructions fermes pour que ses services ne répriment pas la marche des gardes communaux. D'autres formes de protestation ont été constatées au cours de ce mois sacré, à l'image des tentatives d'immolation par le feu à Tizi Ouzou et Tiaret et les coupures de principaux axes routiers dans plusieurs wilayas pour protester contre la cherté de la vie, les coupures d'électricité et tant autres...Des mouvements récurrents, qui annoncent une rentrée sociale tendue. Aussi, la non-prise en charge de certains dossiers est due, tantôt au laxisme et tantôt à la dilution des responsabilités. Les parties concernées se renvoient la balle, au moment où la crise prend des proportions incontrôlables. Il est donc clair que tant que le citoyen ne constate pas un changement dans sa vie quotidienne, une amélioration dans les services publics et une prise en charge de ses préoccupations par les autorités locales, il continuera à faire de la résistance. Un Etat crédible passe surtout par une véritable alternance et non par des permutations ponctuelles destinées à donner une impression de changement.
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