Un commerçant relâché quelques heures après son enlèvement
Le kidnapping est-il devenu un phénomène désormais classique en Kabylie? C’est la question que se posent de plus en plus les populations de cette région.
Dans la journée de ce lundi, un commerçant âgé de 44 ans et originaire de Ouaguenoun, près de Draâ Ben Khedda, a été enlevé; sa voiture a été retrouvée à quelques mètres de la minoterie près de laquelle le rapt a eu lieu. Fort heureusement pour lui, il sera libéré quelques heures plus tard, les ravisseurs s’étant, semble-t-il, trompés de cible. C’est donc le même jour, vers 18h, que le commerçant a retrouvé sa famille qui n’était pas encore au courant de l’événement. Les rapts sont relativement nombreux ces derniers temps. Le premier de la série est celui du patron d’un bar situé à Iflissen (daïra de Tigzirt), durant les fêtes de fin d’année 2006. Après avoir fait irruption dans le bar où ils ont cassé toutes les bouteilles d’alcool, racketté les personnes présentes et volé l’argent de la caisse, les éléments armés ont enlevé le patron et un gardien de prison présent en ces lieux.
Le patron n’a été libéré qu’après le versement d’une rançon et son camarade d’infortune a été retrouvé assassiné. Ensuite, c’est au tour du gérant de l’entreprise de travaux publics Haddad qui a été enlevé entre Freha et Azzeffoun. Lui aussi n’a été libéré qu’après versement d’une rançon par la famille. Puis ce sera le fils d’un industriel installé à Draâ Ben Khedda qui a été kidnappé sur la route de Tigzirt et libéré contre une forte rançon.
Deux autres personnes seront également enlevées sur la route menant de Maâtkas vers Tizi-Ouzou, ainsi qu’un entrepreneur de la daïra de Draâ El Mizan qui a, lui aussi, été enlevé et libéré contre rançon. Bref, les enlèvements sont devenus quasiment des événements «ordinaires». Il est vrai que la région, avec ses massifs forestiers et ses routes souvent isolées, semble propice aux mauvais coups. On soupçonne évidemment les éléments armés, quoique, selon des observateurs, tout un chacun peut s’improviser terroriste et procéder à des kidnappings.
La Kabylie a eu à vivre une époque difficile avec le printemps noir, et beaucoup de brigades de gendarmerie ont été par la suite délocalisées, ce qui a laissé le terrain pratiquement libre à ces hors-la-loi qui, alliés sans doute aux terroristes, ont fait vivre à la région tous les maux. Il est temps que les gendarmes reprennent leur service normalement et que les brigades reviennent dans les lieux qu’ils occupaient auparavant. Les citoyens le souhaitent et le demandent, et le pouvoir se doit de répondre à cette exigence de sécurité. Certes, la police essaie de remplacer les gendarmes, mais seules 15 sûretés de daïra et 7 brigades mobiles de police judiciaire (BMPJ) sont fonctionnelles. Il reste ainsi sept daïras sans sûreté de daïra et plusieurs autres sans BMPJ, alors que les gendarmes sont carrément absents, car délocalisés. La Kabylie mérite que l’on s’arrête un instant sur sa demande de sécurisation de la région.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com