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Dhikra Mohamed Une vie brisée Projection du film documentaire sur



Dhikra Mohamed Une vie brisée                                    Projection du film documentaire sur
Basé sur des témoignages de la famille, du psychiatre, des musiciens et des producteurs de la défunte, le documentaire a bouleversé le public, qui découvre une femme d'une grande sensibilité. La réalisatrice a dévoilé la souffrance qui rongeait de l'intérieur la chanteuse. De prime abord, elle s'est demandée le pourquoi de la stigmatisation de cette voix d'or, marquée à jamais par le sceau du destin, elle qui n'a pas cessé durant sa courte carrière artistique de procurer joie et bonheur à son nombreux public. Bercée par les chansons d'Oum Keltoum, Dhikra Mohamed est révélée au grand public au tout début des années 1980. Mais la reconnaissance des siens tarde à venir. Et l'ostracisme dont elle a été frappée, l'a forcée à s'exiler en terre libyenne, où elle a commencé à se faire connaître et, surtout, à s'imposer comme une voix incontournable. Ses producteurs, ses paroliers et ses musiciens ont été unanimes à saluer ses multiples talents et sa voix unique. « Quand elle chantait, l'on pleurait sans se rendre compte, tellement elle avait une voix tendre », a souligné son musicien. Sa s'ur, qui n'arrive toujours pas à se consoler, même plusieurs années après sa disparition, se souvient des qualités humaines autant que professionnelles de Dhikra.
UNE ÂME SENSIBLE
« Elle mangeait souvent avec la famille de notre jardinier, parce qu'elle aimait les petites gens auxquelles elle s'identifiait », a-t-elle affirmé, les yeux en larmes. Son psychiatre a révélé, lui, le sentiment abandonnique dont souffrait terriblement sa cliente, même au faîte de sa gloire, suite à la disparition de son père. « Elle cherchait sans relâche un substitut paternel », a-t-il dit. Dhikra qui a chanté pour les justes causes, dont la question palestinienne, a été récipiendaire, en 1995, du premier prix de la meilleure voix, lors du festival de la chanson arabe. Kamel Hamadi, qui lui a écrit une chanson en arabe algérien, a affirmé que « Dhikra aimait beaucoup l'art, les grandes compositions et les mots qui ont du sens », rappelant les grandes qualités humaines de la défunte. Son producteur égyptien a estimé, quant à lui, que si les balles pouvaient comprendre ce que disait la douce voix de Dhikra, elles ne l'auraient certainement pas tuée ! Tuée ' Que nenni ! La voix suave de celle qu'on compare à Oum Keltoum est à jamais vivante dans les c'urs de ses fans. Dhikra - souvenir en français - est prédestinée à être éternelle, même si parfois la rançon de l'art est souvent la solitude, la souffrance. La mort. A son insu, sans doute, Dhikra, dont la projection du documentaire retraçant sa vie et son parcours artistique a fait pleurer plus d'un, a épousé l'immortalité, au moment même de son lâche assassinat par l'homme qu'elle aima plus que tout au monde. Le film documentaire a révélé au grand public une âme sensible qui s'est consumée en silence pour consoler les autres, pour être la voix et le miroir de la souffrance d'autrui. Par ailleurs, sans le souci de faire un bilan quotidien de la manifestation, Assad Si El Hachimi et Omar Hakkar, respectivement commissaire du festival et président du jury, ont animé conjointement un point de presse. M. Assad qui s'est montré satisfait de l'ouverture et de la première journée du festival a posé le problème du manque de salles de cinéma dans la capitale du Djurdjura. D'où, a-t-il dit, la nécessité de récupérer les salles existantes et de les équiper pour permettre de relancer le cinéma à Tizi-Ouzou. Pour ce qui est de l'évaluation de cette édition - environ 350 festivaliers - il a estimé qu'elle est une réussite totale, d'une part, la présence de tous les invités, et d'autre part, le nombre important d'activités structurantes qui se déroulent à travers plusieurs localités de la région. Le commissaire du festival a, en outre, annoncé la création, cette année, d'un grand prix du public, un prix pour la meilleure interprétation, alors qu'il est prévu le lancement probable d'un master-cinéma dans la ville des Genêts. L'université d'été pour la formation d'animateurs de ciné-club est une autre nouveauté dont bénéficieront les passionnés du cinéma issus du mouvement associatif. M. Hakkar, président du jury, a estimé, pour sa part, que c'est un miracle que le festival du film amazigh existe, en raison du peu de moyen financiers dont il dispose, comparativement à d'autres festivals du même genre. « Si le festival du film amazigh n'existait pas, il y aurait un grand vide en la matière », a-t-il expliqué. A la question de savoir si le public est en mesure de juger des qualités artistiques d'un film, il a précisé que l'émotion est universelle, que celui-ci réagit « avec ses tripes », dès lors que le cinéma véhicule des valeurs humaines. L'essentiel, a-t-il estimé, est d'offrir aux gens l'occasion de voir les films. Par ailleurs, il a noté que le fait de n'avoir pas décerné de prix lors de la précédente édition est un gage de liberté et une exigence de qualité, car, à ses yeux, le contraire aurait porté préjudice à la crédibilité du jury. « Notre souci majeur, c'est de veiller à ne pas passer à côté d'un talent », a-t-il soutenu. Pour ce qui est de l'état actuel du cinéma amazigh, le même orateur a estimé important d'accepter le temps nécessaire pour que le festival en question puisse s'enraciner. Notons qu'une journée d'étude a été organisée, le même jour, sur le doublage. Les intervenants ont souligné la nécessité de créer une école théâtrale à Tizi-Ouzou pour permettre aux jeunes de bénéficier des expériences étrangères dans ce domaine.
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