Tizi-Ouzou - A la une

Des métiers trop durs



Conséquences - Les femmes exerçant ces métiers finissent malheureusement par attraper de graves maladies du dos et des problèmes respiratoires.
Rouler le couscous ou confectionner des objets de poterie sont des professions très répandues chez les femmes dans les régions du nord du pays. Dans certaines localités de Bouira, Tizi Ouzou, Boumerdes et Tipasa, des mères de famille consentent des efforts colossaux dans ces métiers.
Lorsqu'on prend un sachet de couscous roulé à la main ou un objet de poterie, on a l'impression que leur confection est une tâche aisée. Ce qui trompe encore une grande partie des citoyens sont les prix bas auxquels sont cédés ces produits. Mais en réalité, seules les femmes qui s'adonnent à ce métier savent combien la tâche est rude. «Rester assise plusieurs heures à rouler le couscous n'est pas du tout une sinécure comme tendent à le croire les gens.
Croyez-moi, lorsque je me lève, il m'est difficile de me tenir debout, en raison des intenses maux de dos que je ressens. Parfois, je n'arrive pas à dormir à cause des douleurs», affirme une mère de famille, habitant dans la localité des Ouadhias (sud de Tizi Ouzou). Veuve avec quatre enfants à charge, notre interlocutrice n'a pas d'autre alternative que de «subir l'esclavage d'un grand producteur de Couscous» dans la région.
Elle affirme qu'elle perçoit environ 600 dinars sur un quintal de semoule roulé et séché.» Si je n'étais pas dans l'obligation de nourrir et faire grandir mes enfants, je n'aurais jamais fait ce travail même avec 3 000 dinars. Je suis certaine que je vais attraper une maladie à cause de cela, mais hélas je dois résister», ajoute-t-elle sur un ton d'amertume. On constate la présence sur le marché national de plusieurs marques de couscous, on apprécie le goût, mais on a tendance à oublier que les «patrons» qui sont derrière sont des sangsues et prennent de pauvres femmes pour des esclaves.
La confection des produits de poterie est une tâche encore plus ardue. «Il faut d'abord creuser et emmener l'argile, la laisser sécher, et puis la mettre dans l'eau.
On commence alors à confectionner les objets qu'on doit laisser sécher pour une bonne période avant de les cuire», explique une vieille femme, habitant le village Kalous (ouest de Bouira). Défiant toutes les adversités, ces femmes vont, parfois, elles-mêmes chercher du bois dans les forêts avoisinantes.
Et dans d'autres situations, elles doivent payer des jeunes qui accomplissent cette tâche. La commercialisation de ces objets de poterie ne pose pas problème, puisque des commerçants viennent des régions de Sétif, M'sila et Bordj-Bou-Arreridj pour acheter en gros. Et comme ces pauvres femmes ne peuvent exposer leurs produits dans les marchés, elles se soumettent au diktat des revendeurs. «On vend la pièce à une moyenne de 80 dinars, alors que sur le marché elle coûte près de 300 dinars. Mais l'essentiel pour nous, c'est d'assurer un revenu avec lequel on peut pallier les besoins de la famille», ajoute notre interlocutrice.
Ce sont là des métiers pénibles qui laissent des séquelles indélébiles sur les femmes qui attrapent des maladies du dos et des problèmes respiratoires, ce qui précipite, dans la plupart des cas, leur décès. Mais pour elles, le plus important est de'mourir dans la dignité.
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