Tizi-Ouzou - Revue de Presse

Commentaire



Que pèse un président d’APW dans l’échiquier du pouvoir ? L’assassinat du président de l’APW de Tizi-Ouzou incite à la fois à s’interroger sur l’évaluation de l’importance qu’accorde l’Etat à cette fonction et la probabilité que cet acte des plus criminels soit destiné à provoquer une programmation en «crescendo» des états de crise en Kabylie, sachant que le terrain y est plus fertile pour les manipulations. On dit que le président de l’APW est la deuxième personnalité de la wilaya alors qu’en réalité, il ne possède pas du tout d’attributs de puissance et est même parfois considéré comme un opposant alors qu’il est de son rôle de se montrer intransigeant face à l’administration, non parce qu’il voudrait réellement faire de l’opposition, mais bien parce que, par rapport au représentant de l’administration qu’est le wali, il porte le fardeau de la représentation des populations, étant titulaire d’un mandat électif. Trois facteurs majeurs démontrent qu’en réalité, le président de l’APW ne dispose pas de prérogatives ni d’une reconnaissance de son rang, c’est-à-dire la deuxième personnalité de la wilaya, à moins que ce rang ne procède que d’un ordre protocolaire. Si le wali dispose d’une protection personnelle et permanente au titre de sa fonction, il n’en est pas de même pour le président de l’APW, de même que ce dernier ne fait pas partie de la commission de sécurité de la wilaya laquelle est présidée par le wali. Pourtant, le président est élu et à ce titre, il est fatalement intéressé par la sécurité de ses concitoyens. Le deuxième facteur réside dans le fait que jamais n’a été prise la décision au niveau du chef du gouvernement d’organiser, sur le modèle de la réunion annuelle «gouvernement/walis», une réunion de partenariat «gouvernement/présidents d’APW». La même remarque vaut pour la présidence de la République qui n’avait jamais prévu d’organier une réunion «président de la République/présidents de l’APW». Il est très possible que, suite à cette remarque, et suite à cet assassinat, la Chefferie du gouvernement ainsi que la présidence de la République commencent à envisager sérieusement l’organisation de telles réunions. Mieux encore, une tripartite «exécutif, walis, présidents de l’APW» inscrirait celle-ci dans un nouveau type de partenariat qui contribuerait à décrisper les relations avec les élus. Le troisième facteur réside dans le fait que le président de l’APW n’a aucune autorité sur les membres de l’exécutif, alors qu’il dispose de la légitimité populaire. Bachir Medjahed
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)