
«Le parti unique a été une véritable catastrophe pour le pays (”?) C'est la gestion du parti unique qui nous a menés vers ce qu'on a connu dans les années 1990. On ne doit pas revenir à ces années-là , voire aux années d'avant 1990 (”?) Il faut absolument, de manière définitive, 55 ans après l'indépendance, que l'on sorte de la légitimité historique et entrer de plain-pied dans la légitimité démocratique (”?) A ceux qui sont obnubilés par 2019, même parmi les alliés de la majorité présidentielle, je leur dirais que nous en sommes aux élections locales, alors que celui qui ambitionne de prendre la place de Bouteflika, il n'a qu'à attendre 2019 parce qu'il n'y aura pas de présidentielle anticipée.»Ainsi, pour entrer dans le vif du sujet, jeudi à Tizi-Ouzou, Amara Benyounès n'y est pas allé avec la fleur au fusil, mettant dans sa ligne de mire, mais tout en prenant la précaution de ne pas le nommer, le secrétaire général du FLN qui, tout récemment encore, remettait la «légitimité historique» au-dessus de toute considération pour contrer quiconque osait nourrir des ambitions politiques majeures.
Pour Amara Benyounès, c'est à ce qu'il appellera «la légitimité démocratique» de trancher, notamment pour ces élections locales «plus importantes que les législatives» eu égard à la proximité des élus avec leurs concitoyens. Une proximité, toutefois, mise à mal par les lois en vigueur, considère Amara Benyounès qui dit militer pour que soient revus les codes communal et de wilaya en avançant deux revendications qu'il a qualifiées de «fondamentales». D'abord, avance-t-il, il va falloir «plus de démocratie» parce que, comme c'est le cas dans tous les pays avancés, la primauté est donnée à l'élu et non pas au fonctionnaire.
«On ne peut continuer avec l'organisation actuelle, celle qui veut que le chef de daïra commande le maire élu, ou que le wali commande le président de l'APW. Chacun ses prérogatives, nous sommes pour l'équilibre des pouvoirs. Pourquoi le président de l'APC ne peut pas être le premier magistrat de sa commune, comme le président de la République l'est pour le pays '» a argumenté le président du MPA qui s'en ira ensuite plaider pour une plus grande décentralisation, en guise de seconde revendication fondamentale. Dans son raisonnement, il remettra en cause la dépendance des communes et des Assemblées de wilaya de l'administration centrale. «Les maires et les présidents d'APW ne peuvent plus dépendre d'Alger, ils doivent avoir beaucoup plus de prérogatives sur le plan économique (”?) Un maire ou un président d'APW, lorsqu'ils veulent ramener des investisseurs, ils ne peuvent même pas leur offrir un terrain”?», s'est plaint Benyounès avant d'orienter son discours sur la conjoncture que traverse le pays, en commençant par recadrer «l'opposition dans son ensemble et les experts en économie» qui ont remis en cause le recours au financement non conventionnel mais se sont gardés de proposer une solution pour remédier au déficit budgétaire.
«Ce n'est pas la solution idéale, mais c'est la seule. Et tant qu'on n'a pas engagé des réformes dans l'économie nationale, des réformes structurelles urgentes, il n'y aura pas de solution durable pour l'économie du pays», a assuré Amara Benyounès qui, à l'occasion, réitérera son appel pour la fin du secteur public dans l'économie.
Pour revenir au volet politique, le leader du MPA tombera à bras raccourcis sur les partis de l'opposition adeptes du «consensus» ou encore ceux qui appellent à «un front national contre l'intervention étrangère», des concepts vides de sens en démocratie, de l'avis de Benyounès qui prendra, ensuite, un malin plaisir à écorcher Boukrouh tout autant que les trois personnalités ayant appelé à un «soulèvement pacifique». Puis, vint le tour de ces multiples voix qui dénoncent l'entrée de l'argent sale en politique.
«Ceux-là mêmes qui s'égosillent à dénoncer l'incursion de l'argent sale en politique doivent d'abord balayer devant leur porte», a répliqué l'ex-ministre avant d'accuser un certain nombre de partis politiques de vendre des sièges contre de l'argent d'origine clairement établie : le terrorisme et le marché informel, pour laver de toute accusation les patrons et de leurs organisations «victimes de ces attaques». Amara Benyounès s'est donc offert, à Tizi-Ouzou, un large tour d'horizon sur tout ce qui agite la scène nationale pour donner un peu plus de vie à une campagne électorale par trop morose.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Azedine
Source : www.lesoirdalgerie.com