C'est la dernière ligne droite pour les postulants à la candidature aux élections locales du 29 novembre prochain. Et les partis politiques s'activent afin que les listes soient fin prêtes avant l'expiration du délai de dépôts des dossiers de candidature, fixé à demain, 10 octobre.
Malgré le peu de temps qui reste avant cette date butoir, de nombreuses formations politiques peinent à élaborer leurs listes. «Les dossiers de candidatures dans certaines wilayas ont d'ores et déjà été déposées, à l'instar de Tissemsilt. Pour d'autres wilayas, l'état d'avancement oscille entre 40 et 80%», explique M. Chorfi, chargé de la communication au RND, qui ajoute que ce parti «a l'avantage d'avoir installé sa commission électorale il y a près de trois mois».
«Nous en sommes à la phase finale. Ces opérations d'élaboration ne sont pas faciles. Ce n'est pas qu'il y a une pénurie de candidatures, bien au contraire. Mais la sélection est ardue et nous rencontrons, à l'instar de tous les partis politiques en lice, de nombreuses contraintes», explique Kassa Aïssi, porte-parole du FLN.
Par ailleurs, l'un des écueils les plus cités par les formations politiques est l'obligation d'une présence féminine renforcée sur les listes présentées. Exigence que tentent de remplir tant bien que mal les «candidats à la candidature». «Nous avons donné des directives pour combler les absences. En dernier recours, la solution extrême est de présenter la femme ou la fille des autres candidats», reconnaît Kassa Aïssi. «La base féminine militante apte à figurer sur une liste est, de par les traditions et les coutumes, moins facile à trouver. Pour cela, le MSP présentera, à défaut, des sympathisantes du parti», explique, quant à lui, Abderrezak Mokri, vice-président du MSP. «Ce n'est pas chose aisée de remplir l'ensemble des listes en application de la loi, tout particulièrement dans les régions conservatrices. Mais le plus gros problème rencontré par le RND est celui du classement : tout le monde veut être tête de liste», affirme pour sa part M. Chorfi.
Car d'autres contraintes, autrement plus handicapantes, viennent se mêler à cette élection. «Il y a un intérêt local très prononcé et parfois une très forte imprégnation de tribalisme. Ce qui peut provoquer quelques perturbations», avance Kassa Aïssi. Ce dernier déplore aussi de nombreux aspects administratifs qui ont pu retarder, peu ou prou, cette opération.
Difficile pour les partis, impossible pour les indépendants
«Il y a eu, par exemple, la grève des travailleurs communaux qui a paralysé l'administration. Le pire est le dossier technique en lui-même, les documents à fournir restent lourds», énumère-t-il, citant l'obligation de fournir une «photo-cliché que les photographes ne pratiquent plus». Des lourdeurs administratives que déplore aussi le MSP, qui cite particulièrement la «preuve de résidence». «Mais le plus gros handicap reste l'absence de neutralité de l'administration, qui favorise et facilite les procédures pour certains partis au détriment d'autres», insiste M.
Mokri. Et si des partis politiques ayant «pignon sur rue», se targuant d'une «base» au sein de l'électorat, rencontrent de telles difficultés, pour les candidats indépendants, participer à ce scrutin relève de l'impossible. «Le militant indépendant ne peut pas se présenter aux élections.
Les écueils administratifs sont tellement nombreux qu'il est difficile de déposer des listes de candidature indépendantes», s'insurge ainsi Rachid Allem, responsable du Comité national pour la défense des indépendants (créé en 1991), lors d'une visite à la rédaction d'El Watan. «Et le premier de ces obstacles est la paperasse. Pour un candidat indépendant, il faut des tonnes de papiers, dont la majorité est inutile. Je me demande pourquoi le ministère de l'Intérieur exige un certificat de nationalité, puisque la carte d'identité nationale peut le remplacer», s'interroge M. Allem. De même, la récolte des souscriptions d'électeurs «relève du miracle». «Ce n'est pas l'unique problème, la constitution d'une liste de candidatures devrait se baser sur le critère de qualité et non de 'remplissage'. Mais en l'absence de moyens et de lieux de réunion, les indépendants n'ont absolument aucune chance. Le quota des femmes constitue aussi un véritable problème», résume-t-il.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com